MOBILITE INTERNATIONALE – La bourse ou la vie !

Partir à l’étranger lorsque l’on est étudiant ?  Cela semble a priori être un jeu d’enfant au regard des différentes aides à la mobilité internationale existantes ! Pourtant, des bourses d’excellence au financement participatif, les pouvoirs publics ne répondent pas toujours à l’appel.

Aides d’Etat, Bourses européennes (Erasmus)

L’aide à la mobilité internationale concerne les étudiants souhaitant suivre une formation supérieure à l’étranger dans le cadre de leur cursus scolaire. Il existe différentes formes de bourses, notamment celles spécifiques qui permettent aux jeunes Français de partir étudier en Europe.

Dans le projet de cadre financier 2014-2020 discuté les 7 et 8 février derniers par l’Union européenne, le financement du programme "Erasmus pour tous" (dont les bourses d'étudiants), représente moins de 2 % d'un budget global de 1000 milliards d'euros. Dix-neuf milliards d'euros sur sept ans, soit à peine plus de 2 milliards par an, peut-on dire que le programme Erasmus est en sursis ? La crainte est que les programmes d’aides à la mobilité ne fassent office de variable d’ajustement dans les négociations budgétaires européennes et ne soit revus à la baisse.

A l’échelle nationale, le soutien pécuniaire attribué a priori majoritairement par l’Etat permettra à l’étudiant de suivre un parcours universitaire à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échanges, ou d’effectuer un stage à l’international.

Qui peut recevoir cette aide ?

Toute personne « éligible à une bourse sur critères sociaux ou bénéficiaire d’une aide d’urgence annuelle et qui prépare un diplôme national relevant de la compétence du ministère de l’enseignement supérieur », apprend-t-on sur le portail Internet du gouvernement.

Après avoir transmis un dossier de demande d’aide à la mobilité internationale au service des relations internationales de son établissement, l’étudiant verra sa quête étudiée par le président d’université ou le chef d’établissement. Deux critères sont à retenir, à savoir « l’intérêt du projet pédagogique des projets individuels des étudiants » ainsi que « leur conformité avec la politique internationale menée par l’université ou établissement ». Cette aide gouvernementale a la possibilité d’être cumulable avec une aide au mérite.

Travail et mérite : les bourses d’excellence

A côté de cette aide au mérite, les bourses d’excellence se multiplient. Afin d’encourager les étudiants les plus brillants à inclure dans leur formation un séjour à l’étranger, de nombreuses écoles telles que Sophia Antipolis à Nice ont intégré cette forme d’aide à leur programme. Quant à la faculté des sciences et technologie de l’Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC), elle organise une cérémonie de remise officielle des bourses d'excellence pour la mobilité internationale. L’argent est versé après le 1er semestre de la deuxième année de licence, et équivaut à 400 euros par mois.

La France soutient aussi l’action de recrutement à l’international des établissements d’enseignement supérieur hexagonaux. Au niveau Master, Ingénieur ou Doctorat, le pays au drapeau tricolore a dû s’adapter à un contexte de concurrence accrue afin d’attirer la « matière grise » étrangère sur son territoire. A cet effet, le programme de bourse d’excellence Eiffel a vu le jour en janvier 1999 grâce au ministère des Affaires étrangères.

La finance participative ou le mécénat populaire (Crowdfunding)

Et comment l’étudiant peut-il partir à l’étranger alors même que les pouvoirs publics ou les banques ne désirent pas lui apporter la moindre aide ? Les parents n’étant bien souvent pas aptes à financer le voyage, certains se sont creusé le cerveau. Ainsi, de cette réflexion est née la finance participative ou mécénat populaire (crowdfunding). Sous forme de collecte de dons ou de prêts, l’aide vient de fonds privés.

Après les différents sites de financements participatifs comme My Major Compagny (musique), PeopleForCinema (cinéma) ou encore TousGoProd (cinéma), l’organisme Français Langue Etrangère (FLE) a passé le pas. S’il est contraignant d’être doctorant et de chercher dans le même temps des financements, le mécénat populaire peut être une solution pour faciliter leur recherche. Olga Turcan, doctorante de l’université de Strasbourg écrivant sur le « français en Moldavie », a lancé une campagne de dons jusqu'au 1er mai prochain. Mais il n’est pas question qu’Olga rembourse ses donateurs ! En échange, la jeune doctorante envoie des billets d’humour... Comme une vidéo d’elle-même jouant de l’accordéon. Malgré le labeur de la thèse, l’humour est ainsi au rendez-vous !

Il semble essentiel que tant les pouvoirs publics nationaux que l’Europe mettent du leur afin de favoriser l’envoi de leurs étudiants dans le monde. Les bourses d’excellence encouragent certes les élèves les plus brillants, mais en laissant souvent de côté les autres. Le crowdfunding apparaît comme un moyen non-onéreux et rapide de financer les projets universitaires. Mais les particuliers seront-ils toujours aussi généreux ?

Marion Icard (www.lepetitjournal.com) - vendredi 19 avril 2013

En savoir plus :

Fdlm.org : une idée originale pour financer les thèses en FLE 

Lemonde.fr : La création à l'heure du "crowdfunding"

Sciences-tech.u-pec.fr : Bourses d'excellence pour la mobilité internationale: cérémonie de remise des prix 

Campusfrance.fr : Bourse d’Excellence Eiffel

 
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