Pour prendre des notes, écrire ses cours ou griffonner un mot, tout le monde a tenu entre ses doigts au moins une fois un stylo à bille. Décliné aujourd'hui dans un arc-en-ciel de couleurs, saviez-vous que ce crayon si pratique a été vendu pour la première fois en Argentine, avant d'être popularisé en France par Marcel Bich et sa marque Bic ?

Avec plus de 100 milliards d'exemplaires vendus depuis 1950, le stylo Bic Cristal, le modèle classique, est devenu un succès tel qu'il a transformé la marque en nom commun.
À l'origine, cette invention aurait dû naître en Hongrie, mais c'est en Argentine qu'elle verra le jour. Tout commence lorsque le journaliste hongrois László Bíró remarque que l'encre utilisée pour imprimer les journaux sèche rapidement, contrairement à celle de son stylo à plume dont il se sert pour écrire. Il essaie donc de transférer ce liquide dans son stylo, mais l'encre est trop visqueuse et ne s'écoule pas. La solution viendra donc de la minuscule bille placée à l'extrémité du crayon, qui entraîne avec elle l'encre de la cartouche.

Budapest, Paris et Buenos Aires

Un an avant le début de la Seconde guerre mondiale, Bíró travaille avec son frère chimiste et Juan Jorge Meyne, leur associé, pour perfectionner leur trouvaille et la faire connaître. Mais à la fin des années 30, les lois anti-juives les poussent à se réfugier à Paris, avant d'émigrer en Argentine. Le pays avait pourtant signé une circulaire secrète visant à empêcher les juifs fuyant le nazisme d'entrer sur le territoire argentin. C'est l'ancien président Agustín Pedro Justo, rencontré par hasard en Yougoslavie en 1938, qui, fasciné à la vue du prototype du stylo à bille a facilité l'obtention de visa à Bíró, sa famille et son associé.

De la birome au bic européen

C'est donc à Buenos Aires qu'ils créent leur société et déposent le brevet du stylo à bille, sous le nom de Birome (contraction de Bíró et Meyne), toujours en usage en castellano d'Argentine. D'abord vendu comme un jouet pour enfant à cause de son prix particulièrement faible, qui ne convainquait pas les papeteries de le commercialiser comme outils de travail, la birome finie par trouver son public.
Dans les années 50, Bíró négocie son brevet avec le Français Marcel Bich, ancien directeur de production d'une fabrique d'encre. Ce dernier commercialise à grande échelle le stylo jetable. Concept révolutionnaire pour l'époque. Le Bic Cristal, muni d'un capuchon de la couleur de l'encre, doit son nom à son tube transparent qui permet de suivre le niveau de liquide disponible pour écrire.
Sur le même principe, celui qu'on appelait le baron Bich, lancera le briquet et le rasoir jetable, des succès toujours commercialisés dans le monde entier.

Chloe Wallut (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires pour Santiago) Lundi 1 octobre septembre 2012

 
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