On ne le répètera jamais assez, vos compétences peuvent être utiles à des personnes proches de vous. Et c’est peut-être parmi ces dernières, que vous trouverez celles qui vous manquent. C’est de ce constat qu’est née Taskhub, une plateforme cofondée par Aurore Hochard où les voisins s’échangent des jobs entre eux. Pensez Taskhub, c’est penser communauté !

Les débuts d’une nouvelle aventure
Taskhub est né de la volonté d’Aurore Hochard et de Rahul Ahuja, partenaires dans la vie comme dans l’entreprise, d’offrir aux Londoniens un espace d’échanges de services,  simple d’utilisation, local et sécurisé. L’idée est venue après qu’une amie de la co-fondatrice ait eu un enfant. Seule, sans proche pour l’aider dans des tâches quotidiennes, elle était débordée. "J’ai pensé : "nous sommes à Londres, je suis sûre qu’un tas de gens sont prêts à proposer une aide, prêts à arrondir leurs fins de mois". Nous avons cherché. Mais rien. Enfin pas grand chose. Ce qui existait n’était ni personnel, ni sécurisant", se souvient la co-fondatrice. Le développement du site a débuté en janvier dernier. Après un parcours semé d’embûches, le lancement de la version bêta a eu lieu début octobre, avec l’aide de développeurs. L’intégration du système de paiement a pris du temps. "Il est important que deux utilisateurs n’aient pas à renégocier après s’être mis d’accord sur un prix. Nous nous devions d’assurer que le paiement soit effectuée une fois la tâche effectuée, et non avant… cela nous a un peu ralenti, mais aujourd’hui tout fonctionne bien". Taskhub, c’est également un nouveau départ pour le couple d’entrepreneurs. Elle a exercé comme professeur, a repris ses études et vient d’obtenir une maîtrise de droit, avec mention. Lui évolue dans le secteur bancaire. Ils ont mis toutes leurs économies dans ce projet, non pas pour faire de l’argent, mais pour "faire quelque chose qui a un impact positif sur la société".

(Les cofondateurs, Aurore Hochard et Rahul Ahuja)

Taskhub en phase d’expérimentation
Taskhub.co.uk est actuellement en phase d’expérimentation. Un groupe restreint, possédant identifiant et mot de passe, a accès à la plateforme depuis quelques semaines. "Il s’agit essentiellement de personnes qui nous soutiennent depuis nos débuts, quelques startups proches de nous. Chacun peut poster des annonces et se familiariser avec le site. L’intérêt est d’avoir des conseils et des feedbacks constructifs", explique Aurore. Il s’agit d’une avancée majeure dans l’aventure entrepreneuriale. Rien de cela n’aurait été possible sans une dose de bonne volonté et beaucoup de travail. Grâce à leur abnégation, Aurore Hochard et Rahul Ahuja ont remporté il y a quelques mois une compétition dédiée aux entrepreneurs. A la clé, un soutien financier non négligeable, celui du grand groupe O2 Telefonica. Un coup de pouce contre des actions : "Nous avons donné 10%, et nous recevons, par tranche, un maximum de 50.000 euros". Aussi, ils peuvent profiter des installations de l’académie de Wayra, un open space en plein centre de Londres où sont réunies une dizaine de start-up. "Un lieu inspirant et plein d’énergie", selon la co-fondatrice. Le support de O2 est très appréciable dans le domaine de la technologie. "Nous pouvons bénéficier des connexions, de contacts intéressants pour le développement de nos activités. J’ai ainsi pu faire une présentation en français au maire de Londres, Boris Johnson, qui parle très bien français d’ailleurs" se rappelle avec amusement Aurore Hochard. D’ailleurs le directeur de l’académie Wayra a travaillé pendant 20 ans dans le marketing avec le patron de Virgin, Richard Branson. Aurore Hochard a bien conscience d’avoir l’opportunité de bénéficier de précieux contacts. Ainsi, la "team" de Taskhub a fait une apparition dans une vidéo de la BBC avec la nouvelle ministre de la Culture britannique. Elle apparaitra aussi dans l’émission Capital d’une grande chaine de télévision française.

Taskhub, simple d’utilisation, sécurisant et gratuit

L’utilisation de la plateforme est gratuite pour toute personne souhaitant poster une annonce. Quelques clics suffisent pour utiliser le site. D’autant plus facile dès lors que l’internaute se connecte via son compte Facebook. Par ailleurs, aucune publicité n’apparaît sur l’interface. "Il est hors de question de se faire de l’argent en vendant des espaces publicitaires" explique la jeune femme de 33 ans. Il existe donc deux sources de monétisation. Primo : une fois un besoin exprimé, l’utilisateur va faire son choix parmi les réponses reçues. Libre à lui de choisir en fonction des expériences, des profils, des tarifs. "Un utilisateur va peut-être vouloir payer un peu plus pour une personne plus expérimentée, avec de bons commentaires. On a instauré un système d’étoiles comme sur eBay", décrit Aurore. L’argent versé va être mis sur un compte de dépôt jusqu’à ce que la tâche soit accomplie. "Une fois le travail effectué, les deux parties s’évalueront. Lorsque l’utilisateur est satisfait, là seulement le versement a lieu. Nous prenons une rémunération inférieure à 10% de la transaction". Secundo : en vous baladant sur la plateforme, la page d’accueil est occupée par une carte - google - indiquant votre emplacement. Sur la bannière de gauche se trouve une liste d’annonces. Si vous souhaitez que votre post apparaisse en haut de liste, une mise en valeur pour attirer l’attention, vous pouvez payer un peu moins de 2£.

(Boris Johnson aux côtés d'Aurore Hochard)

Taskhub au service de la communauté
La population de Londres est le cœur de cible. S’il est  techniquement possible de positionner la plateforme au niveau national et international, la priorité reste d’avoir un impact positif sur la façon dont les gens vivent, là où ils vivent. Ainsi, les fondateurs préfèrent commencer par différents quartiers de la capitale. "Nous ne voulons pas seulement avoir des utilisateurs partout, éparpillés, qui vont proposer des services… et qui, au final, ne seront peut être pas faits les jours d’après. L’idée est de promouvoir la création de petits emplois dans son entourage en créant un esprit communautaire". C’est pourquoi l’équipe de Taskhub préfère semer les graines à Londres, pour voir des communautés se rapprocher véritablement, utilisant le site dans un esprit de partage. En offrant des emplois à ses voisins, on améliore le quotidien des gens proches de nous et la vie dans son quartier.

Aurore Hochard n’en demeure pas moins enthousiaste quant à un développement futur vers d’autres destinations : "Evidemment ce serait génial de nous développer dans d’autres villes, d’autres pays comme la France… mais après avoir bien fait notre travail à Londres". Le site est d’ailleurs en pleine préparation de son opération marketing pour le lancement officiel du site sur Londres. Comment présenter Taskhub ? Comment inviter les gens à faire confiance à cette nouvelle plateforme ? Autant de questions auxquelles l’équipe doit apporter de nouvelles réponses. Doucement mais surement, le jour J approche.

Alors que certaines personnes sont mues par l’argent, le pouvoir ou l’image de marque, d’autres sont animées par l’envie de partager, d’aider son prochain. Comme le répète la jeune femme, lucide : "l’idée n’est pas de briller. Ce n’est pas d’avoir notre heure de gloire. Si ça marche, tant mieux. Dans le cas contraire, nous aurons au moins contribué à tenter de faire quelque chose de positif pour la société ". Pour conclure, une leçon utile transmise par notre fondatrice : "garder la tête sur les épaules, rester flexible et à l’écoute… et n’oubliez pas, nous apprenons de nos erreurs, alors ne nous décourageons pas !".

Donia Hachem (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 5 novembre 2012

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