ÉLECTION 2012 - Olivier Cadic : "C'est la voix de la troisième France"

Après avoir officialisé sa candidature aux élections législatives dans la troisième circonscription la semaine dernière, Olivier Cadic répond aux questions de Lepetitjournal.com. Il revient sur son parcours, son projet et sa vision de la politique. Pour la première fois, les Français de l’étranger, estimés à environ 2,2 millions, seront représentés en 2012 à l’Assemblée par 11 députés

Lepetitjournal.com - Vous êtes arrivé en Angleterre en 1996 en faisant grand bruit. Que s'est-il passé pour vous depuis ?

 

Olivier Cadic - Dans un premier temps, j'avais créé une association. "La France libre…d'entreprendre" pour les entrepreneurs qui voulaient faire le pas, qui avaient entendu parler de ce que j'avais fait et qui souhaitaient faire la même chose pour pouvoir développer leur entreprise. C'était mon activité associative de 1996 à 2003. En 1998, le gouvernement socialiste avait décidé de mettre en place une taxe spécifique pour les entrepreneurs. Elle leur imposait une caution à payer pour pouvoir quitter le territoire. Il avait donc fallu que je combatte cette mesure et finalement, la Cour européenne de justice avait condamné la France. Cette mesure était tombée et j'avais considéré que mon rôle était accompli et qu'il y avait une véritable liberté de circulation pour les entrepreneurs qui avaient besoin de ce mouvement.

Côté professionnel, j'ai développé mon entreprise dès 1996 depuis le Royaume-Uni. J'avais toujours de l'activité industrielle en France mais en Angleterre, j'ai développé l'activité sur internet. J'ai créé à l'époque la première place de marché dans le domaine du circuit imprimé. J'avais levé pas mal d'argent, près de 10 millions d'euros. En 2003, j'avais décidé de céder toutes mes activités parce que je m'étais rendu compte, en réunion avec les 50 plus grands entrepreneurs à Phuket, que l'Asie, et notamment Singapour, était l'avenir de l'électronique. J'ai donc tout vendu. C'est un moment qui a fait basculer ma vie. Mon rêve était alors de me consacrer à l'écriture. Je suis rentré dans une librairie avec ma femme et je lui ai dit : "Regarde, il n'y a que Tintin et Astérix…On pourrait peut-être faire de la BD". Elle a adoré l'idée et on a donc réinvesti le produit de mes cessions sur une nouvelle activité qui fait que l'on travaille ensemble depuis la maison avec une approche complètement différente. Ça nous a encore plus rapproché et c'est une superbe expérience de vie.

À côté de ça, à peu près au même moment en 2005, j'ai été contacté par la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam. C'est comme cela que je suis entré en politique. Avec ma bonne foi et ma bonne volonté. Joëlle me connaissait. Elle avait entendu parler de moi quand mon départ de France avait été médiatisé. D'ailleurs à l'époque, beaucoup pensaient que j'allais m'engager en politique mais je faisais cela en tant qu'entrepreneur, pour sauver mon entreprise. C'est d'ailleurs pour cela que je pense qu'il faut que la société civile soit actrice de la politique. Je suis irrité quand je vois ces hommes politiques qui viennent devant des micros faire croire qu'ils ont la solution alors que c'est les gens qui l'ont. Maintenant que je passe dans un autre domaine et que je prétends faire de la politique mon activité à 100%, je veux la changer. C'est ce qui m'anime. C'est un nouveau millénaire qui s'ouvre. Quand le Président de la République disait : "On ne règle pas les problèmes d'aujourd'hui avec les méthodes d'hier" et bien c'est vrai. Allons-y.

Vous êtes élu à l'AFE depuis six ans. Qu'est ce que cette institution doit devenir maintenant qu'il y a des députés pour les Français de l'étranger ?

Il faut que cette institution ait un rôle qui ne soit pas que consultatif. Il faut faire en sorte qu'elle devienne une véritable collectivité territoriale. Il y a un travail parlementaire qui existe sur le sujet. Je reprends d'ailleurs sur ce point la proposition du sénateur Cointat sur le sujet. En tant que membre de la commission finance de l'AFE, je trouve vraiment regrettable de découvrir le budget du ministère des Affaires étrangères sans pouvoir le discuter. On peut faire des suggestions mais c'est déjà trop tard. Il est donc important que l'AFE puisse intervenir, avoir un rôle plus important, qu'elle participe à des décisions qui ne soient pas imposées aux Français de l'étranger sans qu'on leur ait demandé leur avis par le filtre de l'AFE. Quand on voit que les ministres passent en visite à l'étranger et qu'ils ne pensent même pas à demander l'avis du conseiller AFE sur la situation du pays en question, il y a un problème. Il faut que le gouvernement comprenne qu'il faut qu'il écoute les élus locaux. Je pense donc que les députés vont renforcer le pouvoir de l'AFE. Il y a 9 élus AFE au total dans la circonscription, le député aura vraiment un rôle d'animateur de cette équipe pour s'assurer qu'il connait bien la circonscription et les attentes. Il ne peut pas être partout vu la taille de la circonscription et l'inégalité de la taille des bassins de population.

Pourquoi vouloir devenir député aujourd'hui ?


Est-ce que je suis député pour faire carrière ou est-ce que je veux vraiment représenter ma circonscription et incarné quelque chose? C'est la question qu'il faut se poser pour bien travailler. Quelqu'un me disait : "Je suis étonné, on dirait que les gens ne veulent pas débattre avec vous. Qu'ils veulent vous éviter…". C'est un peu le problème. Quelle est la crédibilité de chacun pour venir voir les électeurs. Représenter un parti dans une élection c'est une chose mais une fois qu'on est élu, qu'est-ce qu'on incarne? C'est de cela dont on doit débattre. L'enjeu, il est là. C'est la première fois qu'il va y avoir une élection comme celle-là. Vous vous rendez compte de ce que ça représente dans l'histoire des  Français de l'étranger ? Voltaire avec ses lettres sur les Anglais, Victor Hugo qui a écrit les Misérables depuis Guernesey, les huguenots, le Général de Gaulle et l'appel du 18 juin, tous ces gens là incarnaient quelque chose. Ils ont apporté quelque chose à la France mais sans répéter ce que faisait Paris. S'ils étaient là, c'était justement parce qu'à Paris il y avait ce décalage. C'est vraiment cela que je veux incarner. Cette élection est vraiment un moment fort et ce député va vraiment être attendu. Il va falloir qu'il soit capable d'écouter et de comprendre les arguments des deux côtés de la Manche. C'est le problème avec les élus qui ont une approche partisane. Il leur faut toujours un bouc émissaire. Pour l'un, ça va être le banquier, pour l'autre l'immigré, pour le troisième c'est l'assisté…c'est toujours à cause de quelqu'un si ça ne marche pas. Et bien non, ce n'est pas à cause de l'autre. Parce que nous, Français de l'étranger, pour les Français, on est l'autre. Moi, je veux représenter tous ces gens là. Il n'est pas question que j'accepte ces démarches où les problèmes sont liés à un bouc émissaire. C'est pour cela que c'est difficile pour les candidats partisans de discuter avec moi…Pourtant c'est cela la société civile. Elle est diverse.

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