ÉLECTIONS 2012 - Gaspard Koenig : "Donner une voix aux idées libérales"

Gaspard Koenig est le candidat du Parti Libéral Démocrate aux élections législatives de 2012 pour les Français d'Europe du Nord (3e circonscription). Il explique sa vision du libéralisme et de la fonction de député représentant les Français de l'étranger aux lecteurs de Lepetitjournal.com. Pour la première fois, les Français de l’étranger, estimés à environ 2,2 millions, seront représentés en 2012 à l’Assemblée par 11 députés


Lepetitjournal.com - Qu'est ce que le Parti Libéral Démocrate ?

Gaspard Koenig -
C'est un petit parti qui représente de manière très fidèle les véritables valeurs libérales. À la fois sur le plan économique où il encourage plus de compétition, plus de liberté et d'esprit d'entreprise mais aussi sur le plan social du côté de la protection des libertés individuelles ou du retrait de l'État "nounou". C'est un parti qui n'est ni à droite ni à gauche mais qui assume des valeurs libérales qui sont peu entendues en France alors que c'est un pays qui a une vraie tradition et une vraie philosophie libérale.
Pour les législatives 2012, nous aurons un candidat présent dans au moins une cinquantaine de circonscriptions et beaucoup chez les Français de l'étranger qui se reconnaissent plus aisément dans nos valeurs. C'est plus difficile à défendre en France mais il y a des gens courageux qui vont le faire un peu partout notamment quelques figures de proue comme Arnaud Dassier qui a quitté l'UMP pour venir nous rejoindre.

Qu'est ce que signifie être libéral pour vous ?


C'est croire que le progrès de la civilisation est inhérent à davantage de libertés. Une bonne civilisation est celle qui apporte le plus de libertés à ses citoyens. Le sommet de la civilisation n'est pas d'être un groupe fermé mais au contraire des individus les plus libres possible qui peuvent s'épanouir et parfois diverger. Nous avons une tolérance maximum envers les choix individuels de chacun. Cela se reflète à la fois du point de vue économique et du point de vue social.
Du point de vue économique, des politiques dans l'esprit de la commission Attali de 2007 traduisent assez bien la pensée libérale tout comme ce que fait Mario Monti en Italie aujourd'hui. C'est à dire plus de concurrence, une libéralisation des professions réglementées et en finir avec un marché du travail dual qui protège trop ceux qui sont à l'intérieur et précarise ceux qui sont à l'extérieur. Tout cela passe par des réformes très fortes comme l'assouplissement du contrat de travail, la négociation préalable des indemnités de licenciement ou encore l'abolition du statut de la fonction publique hors régalienne.
Il faut aussi d'avantage de mobilité sociale. Je suis par exemple frappé qu'en Angleterre, moi qui ai une formation de philosophe, je puisse travailler dans une banque de développement sans que cela ne choque personne. En France, ce serait rigoureusement impossible. Je pense que cette mobilité entre différents secteurs d'activité, afin qu'on arrête de juger les gens uniquement sur leur diplôme, devrait être introduite en France. Pour cela, il faut changer la culture bien sûr mais aussi la loi qui encourage ce type de comportement.
Par ailleurs, il y a un versant moral et social du libéralisme qui refuse trop de protection par l'État et qui veut laisser les gens libres de leur choix. J'entendais François Hollande l'autre jour qui disait "la solidarité, c'est de prévenir tous les risques". Mais non, je ne suis pas d'accord. La vie est un risque, il faut savoir l'assumer.
En terme de mesures plus concrètes, je pense que cela se traduit par exemple par la fin des contrôles d'identité préventifs, la fin des fichiers policiers type Edvige et la protection des données individuelles sur internet. Évidemment, l'acceptation de la valeur de l'immigration est aussi très importante. L'immigration doit être une force pour un pays. Je suis frappé de voir à Londres des Français d'origine marocaine ou algérienne qui me disent qu'ils sont mieux acceptés ici qu'en France. C'est un comble pour nous. La circulaire Guéant qui renvoie des étudiants étrangers dans leur pays ou la gauche qui s'arc-boute sur la démondialisation sont pour moi les deux versants d'un même désir de fermeture.
Enfin sur le plan des institutions, être libéral veut dire aérer celles-ci et déprofessionnaliser la politique. Pour déprofessionnaliser la politique qui est aujourd'hui trustée par des barons locaux, il faut faire deux choses très simples. Premièrement, abolir strictement le cumul des mandats. Si je dis "strictement", c'est parce que ce que la gauche veut faire, c'est l'abolir uniquement au niveau de l'exécutif local. Aujourd'hui, il y a 85% des députés qui cumulent des mandats. C'est une exception dans le monde complètement aberrante. En Angleterre, encore une fois, quand Boris Johnson est élu maire de Londres, il démissionne tout naturellement de son siège de député. Deuxièmement, il faut réduire le nombre de mandats dans le temps et réduire le nombre d'élus. En France il y a 600.000 élus. On est donc à un élu pour cent habitants. C'est la proportion la plus forte dans le monde et cela coûte énormément d'argent. J'ai travaillé dans une banque de développement qui fait 9 milliards de livres de business par an et qui emploie 1.500 personnes. En France, il y a des Conseils régionaux qui emploient 4000 personnes…


Le Royaume-Uni est-il un modèle du point de vue libéral ?

C'est un modèle de ce qu'il faut faire et ne pas faire. Ils ont effectivement, dans une grande mesure, épousé le modèle libéral. On peut donc juger de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. L'éducation, essentiellement privatisée en Angleterre, est un désastre. Je le sais, j'ai deux enfants et on évite d'aller vers le système anglais où en fait, la sélection se fait sur les parents quand les enfants ont 5 ans. Une fois qu'ils sont dans la bonne "preparatory school", ils finissent à Cambridge. C'est donc une société qui reproduit sa propre élite. Le système de santé n'est quand même pas fameux. Pour les transports, il suffit de prendre le métro le matin pour comprendre qu'un peu de planification et d'investissement public est nécessaire. On voit donc où cela ne marche pas. Mais on voit aussi là où ça fonctionne. À la fin des années 70, l'Angleterre était un pays qui était soumis à un programme du Fonds Monétaire International dont elle recevait des prêts. Thatcher a libéralisé les grands points de l'économie. Elle a fait un travail remarquable et après son départ, dans les années 90-95, cela a porté ses fruits. L' Angleterre était devenue la première puissance économique d'Europe et l'est restée pendant 10 ou 15 ans. C'est donc aussi un bon exemple de ce qu'il faut faire.
C'est d'ailleurs cela que devront apporter les députés élus par les Français de l'étranger à l'Assemblée nationale. Dire par exemple aux autres députés : "Arrêtez de vous arc-bouter sur la flexibilité du travail parce que je peux vous dire que c'est une bonne chose. Les Français de Londres l'ont constatée et c'est pour cela qu'ils sont si nombreux à s'y installer. Par ailleurs, ne privatisez pas trop l'éducation parce que je vois bien que ça ne marche pas". C'est donc leur apporter cette expérience, cette vision différente.

Quels sont alors les secteurs dans lequel le libéralisme n'a pas sa place ?

D'abord "n'a pas sa place" c'est un bien grand mot puisque les libéraux ne sont pas pour supprimer l'État mais ils sont pour passer d'un Etat gestionnaire, c'est à dire qui effectue les tâches, à un état régulateur donc qui demande aux autres de les effectuer et qui contrôle qu'ils les font bien. Mais on voit que les secteurs où il faut faire très attention c'est encore une fois l'éducation, les transports et la santé.

Quelles sont les problématiques des Français de Londres ?


J'aimerai bien commencer par dire quelque chose. Beaucoup des Français que je rencontre ici me disent que leurs problèmes ont essentiellement à voir avec l'administration britannique. C'est normal puisqu'ils vivent ici et payent des impôts ici. Évidemment certains ont quelques problèmes avec l'administration française mais sur la somme des problèmes que rencontre un individu, c'est tout de même mineur. Il ne faut donc pas faire semblant qu'un député des Français de l'étranger va résoudre les problèmes des Français de l'étranger qui sont essentiellement des problèmes avec l'administration britannique.
Par ailleurs, les problèmes avec l'administration française sont traités via des institutions qui existent déjà. Les conseillers des Français de l'étranger et les sénateurs des Français de l'étranger sont là pour ça. Il y a déjà des relais puissants pour transmettre ces problèmes aux administrations concernées.
Je pense donc que le rôle d'un député, pour ne pas doubler cette fonction qui existe déjà et pour d'ailleurs être en meilleure adéquation avec la définition constitutionnelle du rôle d'un député qui est de représenter sa circonscription au nom de la nation et sur des problèmes d'intérêt général, sera donc davantage de porter et de représenter la vision des Français de l'étranger sur des problématiques nationales. Par ailleurs, parmi tous les Français que je rencontre, je ne suis jamais tombé sur quelqu'un qui m'a dit "Regardez, c'est un scandale, on veut fermer mon épicerie, qu'est ce que vous pouvez faire pour moi?".

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