Dubaï

XAVIER JOSEPH – Directeur Général de Veolia – « Je n’aurais jamais pensé à Dubaï comme destination pour m’expatrier ! »

Progresser dans le domaine de l’environnement fait partie des derniers défis lancés par le gouvernement des Émirats Arabes Unis ; projet dans lequel le groupe français Veolia joue un rôle clé. Xavier Joseph, CEO Middle East, nous parle du rôle de sa société dans cette démarche, mais aussi de son ressenti sur Dubaï.   

Lepetitjournal.com/Dubaï : Vous avez intégré le groupe Veolia en 1993, désireux de jouer un rôle dans l’aménagement du territoire. Vous êtes aujourd’hui directeur de la région Moyen-Orient. Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ? 

Après des études d’ingénieur à Grenoble et un master en Management Social des Organisations à l’ESCP, j’ai débuté en tant que consultant pour le groupe Capgemini. J’ai ensuite intégré le groupe Veolia qui était à l’époque la Compagnie Générale des Eaux. Ma motivation première était de jouer un rôle dans l’aménagement du territoire. Je désirais travailler sur le façonnement d’un paysage avec les élus locaux. C’était et c’est toujours une vraie vocation. J’ai été amené à beaucoup voyager en France, mais je n’ai découvert l’expatriation qu’en 2009 en partant m’installer au Maroc. J’y suis resté 4 ans. Si au niveau professionnel, tout n’a pas été simple, je garde un très bon souvenir de mes années passées là-bas. Puis, on m’a proposé un poste à Dubaï. Pour être tout à fait franc, ce n’était pas une destination qui me tentait plus que cela au départ. La chaleur, le désert, le manque de culture créait un ensemble peu attractif à mes yeux. Cependant, le challenge professionnel était plus qu’intéressant. Dans nos métiers, nous avons besoin de structures publiques avec des moyens pour faire vivre nos projets, atouts dont dispose la région. Je suis donc arrivé à Dubaï il y a pratiquement quatre ans maintenant, en janvier 2013, et je ne regrette en aucun cas mon choix.    

3 000 personnes travaillent pour le groupe Veolia dans la région. Quelles sont vos missions premières ?

Veolia conçoit et fournit des services dans trois activités complémentaires : la gestion de l’eau, la gestion des déchets et la gestion des services énergétiques. 

Dans la région, nos activités sont réparties de la manière suivante :

  • 55 % pour les métiers de service à l’énergie. Notre enjeu est de rendre l’énergie plus propre, plus accessible et plus durable. Nos vitrines dans ce domaine sont : la piste de ski au Mall of the Emirates, le Doha City Center, le ministère du pétrole en Arabie Saoudite. 
  • 40 % concerne le traitement de l’eau, soit la gestion des égouts et du dessalement, avec par exemple notre usine des eaux usées à Abu Dhabi. 
  • 5 % pour la gestion des déchets.

 

Le respect de l’environnement devient un enjeu majeur dans la politique des Émirats Arabes Unis. Quelle est votre ressenti quant à ce changement des mentalités et en quoi Veolia accompagne les différentes autorités dans ce processus ?

L’envie de progresser en matière d’environnement est au-delà des discours, c’est une vraie volonté des gouvernements et ils se donnent les moyens d’y arriver. Le pétrole leur a permis d’avoir accès à l’énergie « pas chère » mais ces dernières années, on assiste à une prise de conscience de s’inscrire dans quelques choses de durable. Aujourd’hui, vous avez une accélération certaine de l’énergie solaire avec l’apparition de nombreux panneaux dans le désert et il y a une volonté d’améliorer le traitement des déchets. Il faut savoir que le volume des déchets représente un coût économique, sanitaire et environnemental croissant. Leur gestion durable et soutenable s’impose comme une composante clé pour l’économie de demain et les gouvernements l’ont très bien assimilé. Aujourd’hui, Veolia apporte son expertise dans le tri, le recyclage et la revalorisation des déchets. 

Vous vivez à l’étranger depuis sept ans. Vous sentez vous privilégié ?

Mes amis pensent, oui, que je suis gâté de vivre dans un pays étranger. Je leur réponds que, certes, il y a des avantages et qu’en effet, je rencontre des problématiques professionnelles excitantes, mais derrière tout cela, il y aussi une part de sacrifices. Nous sommes loin de nos familles, de nos amis, et ceci n’est pas anodin. Nous sommes des gens déracinés évoluant dans un environnement qui n’est pas le nôtre initialement. Nous devons nous adapter, prendre de nouveaux repères et ce n’est pas si simple. 

 

Pétronille ROSTAGNAT (lepetitjournal.com/dubai) republication du 12 février 2017

Pétronille est rédactrice au petit journal de Dubaï et romancière. Son premier roman policier, la fée noire, a été publié aux éditions Incartade(s) en juin 2016.  

 

 

 
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