Dubaï

ERIC FOUACHE - Vice Chancelier de l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi - « La plus belle réussite de l’Université sont ses étudiants du Moyen-Orient et de l’Occident qui travaillent et cohabitent dans un respect mutuel »

L’université Paris-Sorbonne Abu Dhabi fêtera son 10ème anniversaire le 12 novembre prochain, en présence de nombreuses personnalités émiriennes. Cet événement marque la réussite d’une collaboration franco-émirienne dont l’ambition fondamentale était de contribuer au dialogue des cultures et qui permet aujourd’hui à 900 étudiants de 77 nationalités de suivre un cursus universitaire au sein de l’établissement.

lepetitjournal.com/dubai : En 2006, l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi voit le jour sur l’invitation du gouvernement d’Abu Dhabi. C’était une première pour une université française. Racontez-nous cette aventure.

Éric Fouache : En 2006 l’Émirat d’Abu Dhabi a proposé à la France d’exporter une de ses plus anciennes universités sur son territoire pour accroitre sa réputation internationale en matière de culture et d’enseignement supérieur. C’était un véritable défi de venir s’implanter dans un pays arabe, mais on peut dire que ce challenge a été relevé : la Sorbonne est aujourd’hui un symbole fort des liens de confiance et de coopération entre les EAU et la France

Les étudiants bénéficient de conditions exceptionnelles : ils suivent en français un cursus rigoureusement identique à celui de la maison-mère, sur un campus ultramoderne qui s’étend sur 93 000 m2. Ils ont accès à 10 filières de licence et 13 masters, qui couvrent l’ensemble des champs du savoir : lettres, humanités, économie en passant par le droit et la physique. Il faut savoir que l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi (PSUAD) est une université émirienne dont les programmes, les cours et les diplômes relèvent de l’Université Paris-Sorbonne en partenariat avec les universités Paris-Descartes et Pierre-et-Marie-Curie. C’est ce qui permet à ces universités de délivrer à Abu Dhabi les mêmes diplômes qu’à Paris.

Dix ans plus tard, l’université a prospéré pour devenir une université globale pluridisciplinaire qui compte 900 étudiants, dont plus de 600 émiriens diplômés depuis sa création. Quelles sont les clefs de ce succès ?

Les programmes, les méthodes d’enseignement et le système d’évaluation sont exactement les mêmes qu’à Paris. Ce qui fait la richesse de notre université, c’est sa dimension multiculturelle : 77 nationalités se côtoient sur notre campus, dont 35 % d’Émiriens. Nos étudiants sont très majoritairement trilingues (anglais, français et arabe). Ce sont de futurs cadres de haut niveau qui ont la chance de bénéficier de formations en cohérence avec les attentes du marché international. 

Le 10ème anniversaire du campus d’Abu Dhabi va marquer une nouvelle étape de notre développement sur la péninsule arabique : multiplication des échanges universitaires, des partenariats avec des instituts de recherche, une ouverture accrue vers les milieux économiques, et l’accueil d’événements et conférences internationales au bénéfice des étudiants.

Vous avez étudié à l’ENS (École Normale Supérieure) de Fontenay/St-Cloud. Vous avez obtenu ensuite votre doctorat en géographie à la Sorbonne à Paris. Vous y avez d’ailleurs enseigné en tant que professeur en géographie physique et géoarchéologie avant de devenir Vice Chancelier de PSUAD. Arrivez-vous à trouver du temps pour enseigner et pour continuer vos recherches avec vos fonctions ?

J’ai longtemps enseigné. J’ai commencé en tant que maître de conférences à l’université de Paris Sorbonne (Paris 4), puis comme Professeur à l’université de Paris Est Créteil Val-de-Marne (Paris 12), et à l’université de Paris Ouest Nanterre (Paris 10), avant d’être réélu à l’Université Paris Sorbonne. En parallèle, je suis président de l’Association Internationale des Géomorphologues (IAG). À mon arrivée à Abu Dhabi, j’ai dû me résoudre à arrêter d’enseigner, mais je consacre deux semaines par an à mes travaux de recherche. J’ai aussi la chance de diriger des programmes financés par la commission des fouilles du Ministère des Affaires Étrangères sur le sud de la péninsule arabique (Oman, EAU, Arabie Saoudite). Ça me permet de garder un pied sur le terrain.

Éric Fouache a publié deux livres en tant qu’auteur et plus de 100 articles scientifiques et chapitres d’ouvrages collectifs, dont plus de 50 dans des revues internationales à comité de lecture. 

Pétronille ROSTAGNAT (lepetitjournal.com/dubai) rediffusion du 06 novembre 2016 

Pétronille est rédactrice au petit journal de Dubaï et romancière. Son premier roman policier, la fée noire, a été publié aux éditions Incartade(s) en juin 2016.  

 

 

 
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