Dubaï

FRANCIS CAUET - "Les parents souhaitent le meilleur pour leurs enfants, tout en privilégiant une éducation dans le système français."

 Francis CAUET est proviseur du Lycée Français International Georges Pompidou de Dubai, un établissement qui accueille 2700 élèves de la maternelle au lycée, repartis sur les sites de Sharjah, Oud Metha et Academic City. Une gestion qui demande un solide sens des responsabilités et de l’organisation. Entretien.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis expatrié depuis 19 ans. Avant cela, j’ai exercé pendant 18 ans en France métropolitaine comme professeur et comme chef d’établissement. J’ai eu la chance et le plaisir de diriger des établissements sur plusieurs continents aux cultures très différentes : à Mayotte, au Burkina Faso, à Hong Kong avant d’arriver à Dubaï. Ces expériences sont toutes uniques. Le dénominateur commun reste la manière de "penser" l’éducation ; elle est très semblable d’un pays à l’autre. Les parents souhaitent le meilleur pour leurs enfants, tout en privilégiant une éducation dans le système français.  Malgré tout, il est indispensable d’intégrer les spécificités locales dans nos projets.  Une anecdote : à Hong Kong, il est fréquent que les parents inscrivent leurs enfants dans une école dès le lendemain de leur naissance…

Pourquoi avoir choisi d’exercer votre métier à l’étranger ?

J’ai commencé assez  jeune à diriger un établissement. Je suis aussi quelqu’un qui aime le challenge et la découverte. Une fois mes premières expériences en collèges et en lycées passées, j’ai souhaité élargir le champ de mes compétences.  Je me suis donc logiquement lancé dans cette nouvelle aventure dans le cadre de la dynamique du réseau des lycées français à l’étranger.

Y a-t-il des spécificités dans l’exercice du métier de proviseur à Dubaï ?

La direction d’un établissement en France ou à l'étranger sont deux choses très différentes. Au niveau pédagogique d'abord, le rapport des élèves et des familles à leur école est différent. Elles ont choisi d’inscrire leurs enfants dans un lycée français, ce qui crée un sentiment d’appartenance fort, et renforce le lien autant que l’envie d’apprendre. Les équipes d’enseignants sont dans le même esprit. Elles sont dynamiques, actives et impliquées. Elles sont exigeantes avec les élèves mais aussi avec elles-mêmes. Au niveau du management ensuite. A l’étranger, un proviseur est, en plus de sa dimension éducative, en quelque sorte un chef d'entreprise. C’est un poste de management et de pilotage. Celui du budget, des ressources humaines et de la gestion. C’est aussi un métier de communication tant avec les familles qu’avec la communauté au sens plus large. Enfin, un établissement français représente l’image de notre pays, donc une responsabilité autant qu’un honneur.

Si vous n’aviez pas été proviseur, quel autre métier auriez-vous pu exercer ?

J’aurais été pilote de ligne. C’est ma passion. Les qualités nécessaires sont les mêmes pour les deux métiers : rigueur, responsabilité, sens de la décision.

Selon vous, les expatriés sont-ils les mêmes dans tous les pays ?

Selon les pays, les histoires et les motivations des expatriés sont très différentes. Vous ne trouverez pas les mêmes profils au Burkina Faso, à Hong-Kong et à Dubai. En revanche, tous ont cette même volonté d’une école de qualité qui conduise leurs enfants vers l’excellence. Il est primordial pour un établissement et son équipe de savoir s’adapter et de mettre en œuvre les stratégies adéquates aux spécificités locales… tout en conservant les niveaux d’exigences de l’enseignement français !

Quels conseils donneriez-vous aux parents pour aider leurs enfants à trouver leur équilibre à l’école ?

Tout d’abord, faire confiance à l’école qu’ils ont choisie. Etre présents, suivre leur scolarité et parler avec eux de l’école et de ce qu’il s’y passe. Echanger sur les aspects scolaires bien-sûr, mais aussi sur leur vie quotidienne à l’école. Ils pourront ainsi les accompagner dans une relation équilibrée portée sur l’excellence, sans pour autant créer de stress autour de la réussite à tout prix.

Au revoir Monsieur CAUET, la rédaction vous souhaite bon vent ! 

(lepetitjournal.com/dubai) rediffusion du 20 décembre 2015 

 

 
A la Une à Dubaï

COMPTOIR 102 - Une Parisienne qui chaloupe au rythme du désert

Créé par une parisienne nomade, amoureuse de sa ville et du style, Comptoir 102 est un concept store où la serendipité fait se côtoyer mobilier, design, bijoux de créateurs, vêtements et accessoires de mode, autour d’un café healthy et bio.
Une internationale

HIKARI – Plongez au cœur de La Havane, Tokyo ou encore Rio !

Désignant la lumière en japonais, le terme Hikari aura sans doute séduit les éditions françaises du même nom, qui à leur façon souhaitent elles aussi mettre le monde en lumière. Avec leur collection « Portraits Ville » elles ont pour ambition de renouveler le genre du livre de voyage, et de faire découvrir à leurs lecteurs de façon intime et personnelle les moindres recoins d’une métropole à travers le regard de ses habitants. Cet été, 3…
Actu internationale
En direct du Moyen-Orient
Expat
Expat - Emploi

COACHING – L’effet miroir de mes parents

Chaque fois que ses parents viennent lui rendre visite à New-York, Bertrand a comme l’impression de se regarder dans « un miroir déformant ». Il ne se sent pas à l’aise en leur présence, culpabilise et a la désagréable impression d’être un fils indigne… Alors qu’il croyait qu’en fuyant la France il résoudrait son problème, il réalise en fait qu’il doit avant tout se faire face à lui-même. 
Expat - Politique

GESTION DE CRISE – Les consuls face à l’exceptionnel

Peu importe l’endroit ou le pays dans lequel vous pouvez vous trouver dans le monde : en situation de crise, la France par le biais de ses consuls protège ses concitoyens. Cette année, 89 consuls et consuls généraux exercent leurs missions à travers le monde. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec les ambassadeurs… Petit tour d’horizon de leurs missions et des actions qu’ils peuvent mener en cas de crise. 

TRIBUNE - La marginalisation des Français de l'étranger est En Marche

"Make French People abroad great again !Je me permets d'interpeller officiellement les 10 députés de la République En MARCHE à l'étranger. Dans le discours du President de la Republique à Versailles, comme dans le discours de politique générale du Premier Ministre on ne trouve aucune mention aux Français de l'étranger". Une tribune de Boris Faure, Conseiller consulaire des Français de Belgique
Magazine