Professeur de Fashion design à l’Accademia di Costume e di Moda de Rome, Alessia Vitti a accepté de répondre aux questions du PetitJournal.com de Rome. Passionnée de Mode et de Design, Alessia Vitti est une créatrice en quête perpétuelle de nouvelles inspirations

LePetitJournal de Rome: Professeur à l’ACM de Rome, directrice artistique chez Nu-Concept, vous menez votre profession sur tous les fronts. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Alessia Vitti: Je suis née à Rome et j'ai suivi mon parcours de formation ici à l’Académie. Dès ma sortie de l’école j’ai commencé à travailler dans le secteur de la mode et à voyager, à Padoue, Bologne et en Vénétie au début. Pendant plusieurs années, j’ai travaillé au sein du groupe de mode Ittierre avant d’élargir mes horizons et de me lancer dans le Styling. Depuis, je m’occupe de suivre des clients, ce qui me conduit régulièrement en Allemagne. Je les conseille pour les services photographiques et promotionnels, pour les défilés de mode ou pour définir l’image du produit. Je me suis également tournée vers le Re-styling et la décoration de maisons, de salons et Bed & breakfast à Rome, ce qui m’amuse beaucoup.

Comment est née, chez vous, cette passion pour la mode et le design ?
J’aime dessiner depuis que je suis toute petite, c’est un peu comme ça que j’ai commencé. Plus tard, j’ai entendu parler à la télévision de l’Académie de Costume et de Mode. Je suis partie de chez moi comme une grande - en périphérie de Rome- et je suis venue visiter l’école. Je l’ai tout de suite adorée et certains professeurs m’ont incitée à passer les examens d’admission. Depuis toujours j’ai une passion pour ce qui est créatif, pour la nouveauté, j’ai pu développer cette passion grâce à l’académie.

Vous êtes la créatrice de Nu-concept. En quoi consiste ce projet ?
Le Nu-concept est une ligne d’objets, tous différents les uns des autres, justement parce que je n’aime pas la monotonie dans la création de mode. A travers Nu-concept, je collabore avec de nombreuses personnalités créatives, des photographes, des artistes, des créateurs de bijoux… J’aime diversifier les sources d’inspirations dans mon travail. C’est un concept qui s’attache à la nudité, à la pureté des lignes, à un certain minimalisme, d’où son nom. Le créateur aussi se met à nu à travers ses objets, moi la première. Tout y est créé en édition limitée et a son contenu particulier comme les bracelets, sur lesquels est gravée une petite phrase réconfortante et unique.

Pour chacun de vos projets vous êtes donc à la recherche d’inspirations diverses liées au milieu de la mode et de l’art. Avez-vous une ligne directrice dans votre travail, un objectif personnel que vous vous imposez ?
Cela dépend des conditions dans lesquelles je travaille. S’il s’agit d’un travail sur commande, je vais d’abord chercher à cerner les attentes du client en fonction de sa personnalité pour pouvoir déterminer l’identité de l’objet. Mais il y a toujours une certaine folie qui me guide, par chance d’ailleurs. J’ai toujours l’exigence de partir de quelque chose qui existe déjà pour le revisiter et le réinterpréter selon mes envies. La plupart du temps je cherche à l’épurer encore et encore jusqu’à arriver à une ligne qui traduise son essence même plus que sa fonction.

Avez-vous encore un rêve professionnel ?
Bien sûr. Je rêve de pouvoir fonder une grande fabrique où il n’y aurait pas de différence entre l’Art et la mode. Continuer de collaborer avec des personnes ouvertes d’esprit, ayant suivi un parcours différent du mien, comme les architectes par exemple. Ce genre de génie m’a toujours attiré.

Vous travaillez en Italie mais voyagez régulièrement. Quelle est selon vous, la position du Made in Italie face aux autres grands pays de la mode ?
Je dois avouer que lors de mes voyages à l’étranger, à chaque fois que j’ai mentionné le Made in Italy les personnes qui m’entouraient m’écoutaient alors avec attention. La création italienne a très bonne réputation, surtout aux Etats-Unis. Ils nous estiment profondément pour notre bagage culturel, bien qu’ici nous ayons tendance à le sous-évaluer. Ils admirent aussi le savoir-faire à l’italienne, cette capacité de créer, de réaliser, de choisir les couleurs et les formes. Un savoir-faire que nous avons hérité en Europe grâce à des siècles de création artistique.

Si Rome est célèbre pour son patrimoine culturel, peut-on dire qu’elle est également une capitale de la mode comme nous l’entendons souvent au sujet de Milan ?
Milan bénéficie d’un contexte géographique et industriel avantageux par rapport à Rome, c’est indéniable. Mais Rome n’a rien à envier à la "capitale italienne de la mode", notamment d’un point de vue culturel et créatif. De nombreux talents ont grandi à Rome et y ont été formés avant de choisir de quitter la capitale pour se rapprocher des grandes maisons de mode. Mais ceux qui ont choisi de rester, de créer leur propre marque, contribuent à la richesse de la capitale. Certes, ce sont des petites activités, mais c’est beau car elles gardent quelque chose de vrai, de moins industrialisé, d’unique.

Que représente Rome à vos yeux ?
Rome est merveilleuse, je ne voudrais jamais la quitter. Pour moi, l’idéal serait de revenir toujours ici. Je dois me déplacer souvent, mon travail l’exige et je me dois de savoir ce qu’il se passe dans les autres pays et hors de Rome. Mais pour le quotidien, les relations sociales, la nourriture, Rome est MA ville.

Si vous deviez décrire Rome en trois mots …
Passé, futur, créativité. Ou plutôt, c’est le passé qui regarde vers le futur grâce à la créativité.

Propos recueillis par Elise Bonnardel (www.lepetitjournal.com/rome) Mardi 13 novembre 2012

Une internationale

ALEXANDRE JARDIN - "La France n’a jamais été inventée par des trouillards mais par des fous furieux"

Le grand public connaît Alexandre Jardin le romancier – "Bille en tête" en 1986, "Le Zèbre" en 1988 – et Alexandre Jardin le réalisateur – "Fanfan" en 1993, "Oui" en 1996. Depuis quelques semaines, il a vu débouler sur la toile et dans les médias le Alexandre Jardin mobilisateur et créateur d’initiatives pour relancer son pays, avec notamment son association Bleu Blanc Zèbre. À l’occasion de la sortie de son livre "Laissez-nous faire ! On a déjà…
Actu internationale
En direct de nos éditions locales
Expat
Expat - Emploi

MALAISE D'UNE EXPAT - "Et moi dans tout ça?"

Rentrée 2005: Anne rencontre John à la cafétéria de La Sorbonne. Le coup de foudre est immédiat. Et réciproque. Elle étudie la sémantique. Il finit son doctorat en communication grâce à un programme d’échange entre la célèbre université parisienne et Columbia University à New York, dont il est originaire. Hiver 2012: Une limousine rutilante se gare en face d’un immeuble bourgeois de l’Upper West Side de New York. Anne et ses deux fils viennent rejoindre John, embauché deux mois plus tôt comme directeur du marketing d’une agence de publicité sur Madison Avenue.

PORTRAIT D’EXPAT - Arrivés avec 5 valises et quelques économies

Il en faut du culot pour tout plaquer et partir à l'étranger. C'est pourtant ce qu'on fait Line et Samuel, la bonne trentaine et deux enfants. Un jour ils sont venus s’installer à Saigon, se donnant deux ans pour trouver leur projet de vie ou rentrer. Aujourd’hui, ne leur parlez plus de retourner vivre en France !
Expat - Politique

ANNE-MARIE DESCOTES – "Il est nécessaire de prendre en compte les enjeux globaux du développement"

Anne-Marie Descotes est la Directrice Générale à la Mondialisation, au Développement et aux partenariats (DGM) du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI). Nommée par Laurent Fabius à l’été 2013, elle a notamment pour mission d’étendre la diplomatie économique de la France. Lepetitjournal.com l’a rencontrée en pleine préparation de la COP21, la conférence du Bourget sur le climat

FRANCOIS HOLLANDE – Sa visite au Pavillon de la France sur Expo 2015

Dimanche 21 juin, François Hollande s’est rendu sur le site d’Expo 2015 pour l’inauguration officielle du Pavillon de la France et la signature avec Matteo Renzi de la Charte de Milan sur le droit à l’alimentation. Un déplacement initialement placé sous le signe de l’environnement à 150 jours de la COP 21 et de la candidature de Paris à l’Exposition universelle de 2025. Mais les relations entre la France et l’Italie ont davantage porté sur la question des migrants, au coeur des relations bilatérales du moment.
Magazine