Une exposition dédiée à la photographie contemporaine du Moyen-Orient vient d’ouvrir au Victoria and Albert Museum de Londres. L’occasion de découvrir quatre-vingt-dix clichés d’artistes plus talentueux les uns que les autres mais surtout d’appréhender avec un autre regard cette région du monde

(Hassan Hajjaj – Saida in Green – 2000)

L’exposition rassemble sous sa coupe plus de trente artistes, provenant de treize pays différents. Si certains sont des photographes renommés, comme l’Iranien Abbas, l’Egyptien Youssef Nabil ou encore le Libanais Walid Raad, d’autres, comme le Palestinien Taysir Batniji ou le Saoudien Abdulnasser Gharem prouvent qu’ils sont, sans aucun doute, de la même trempe.

Les clichés, qui s’étendent sur plus de trente ans, révèlent différents points de vue du Moyen-Orient, entre religion, vie sociale et bien sûr, tourmente politique. La complexité de la région est ici mise à nue, grâce à des clichés journalistiques ou d’autres purement artistique.

Le visiteur se retrouve plongé dans un soulèvement en Iran ou au Liban, ou peut regarder droit dans les yeux des Saoudiennes et comprendre leur quotidien. L’exposition apporte un regard attachant sur toute une palette d’aspects auxquels on ne s’attend pas.

(Joanna Hadjithomas, Kalhil Joreige – Wonder Beirut #13)

Une exposition en trois temps
Trois thèmes majeurs structurent l’exposition : "Recording", ‘rendre compte’, "Reframing", ‘recadrer’ et "Resisting", ‘résister’. Il s’agit de comprendre les différents rôles que la photographie peut jouer au quotidien.

Dans un premier temps, la photographie est exploitée comme outil de reconnaissance, elle est le témoin des peuples et des lieux où se déroulent les évènements. À travers l’œil averti du photographe, le visiteur doit pouvoir comprendre la dimension socio-politique.

Dans un second temps, la photographie est davantage cadrée de manière à reconstituer des portraits. Les artistes ont ensuite mis à leur sauce certains clichés de façon à faire passer un message précis grâce à des objets contemporains.

(Shadi Ghadirian – From the series Qajar – 1998)

Enfin, la photographie est remise question. Peut-elle réellement être un outil d’information alors qu’elle peut être si facilement modifiable ?

Des artistes engagés
Chaque artiste apporte une touche sensible vis-à-vis de l’actualité ou d’un point de vue purement artistique. Newsha Tavakolian, photographe Iranienne, s’est spécialisée dans le domaine du féminisme, donnant une voix particulière aux femmes. Dans cette exposition, des photographies issues de la série "Mères de martyrs" dévoilent des portraits de femmes tenant une image de leur fils décédé lors de la guerre Iran-Iraq entre 1980 et 1988. La simplicité du procédé ne rend que plus puissant le message de la photographie.

(Nermine Hammam – From the series Upekkha – 2011)

Hassan Hajjaj, photographe marocain, expose des clichés dans lesquels il cherche à se réapproprier des matériaux qu’il a trouvé, les remettant dans un nouveau contexte au travers de portrait plein de couleurs. Il révèle également l’émergence du Moyen-Orient en introduisant des grandes marques internationales.

Enfin, on ne peut qu’être (agréablement) surpris devant les photographies de Nermine Hamman, photographe Egyptienne, qui dévoile des clichés étonnants de soldats de la place Tahrir au Caire. Elle les replace dans des paysages de cartes postales parfaites – là où elle s’imagine qu’ils préfèreraient être…

Clea Broadhurst (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 19 novembre 2012

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