Depuis le 8 novembre, la Somerset House accueille l’exposition "Cartier-Bresson : a question of colour". Dix clichés exclusifs du pionnier français du photojournalisme sont entourés par soixante-quinze autres en couleurs. Un projet mené par la Positive View Foundation qui a voulu mettre en lumière certains photographes contemporains qui se sont inspirés du grand Henri Cartier-Bresson

(Brooklyn, New York, 1947 © Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos, Courtesy Fondation Henri Cartier-Bresson)

Un maître du XXe siècle
Henri Cartier-Bresson, cofondateur, avec Robert Capa, David Seymour, William Vandivert et George Rodger, de l’agence Magnum, a parcouru le monde en tant que photographe humaniste. Ses travaux l’ont emmené en Afrique, au Mexique, aux Etats-Unis et sa réputation s’est construite autour d’un unique mélange entre photojournalisme et photographie d’art.

Considéré comme l’un des pionniers du photojournalisme, Cartier-Bresson est l’inventeur du concept de "l’instant décisif", ou, comme il le disait lui-même, "l’image à la sauvette". Cette exposition, contrairement à ce que son nom peut laisser penser, n’inclut que dix clichés du photographe. L’aspect le plus intéressant est de comprendre la façon dont quinze photographes contemporains s’en sont inspirés.

(Tehuantepec, Mexico, 1985 © Alex Webb)

Soixante-quinze clichés en couleurs contrastent avec le travail de Cartier-Bresson
Ces photographies de Cartier-Bresson n’ont jamais été à proprement parlé exposées au Royaume-Uni auparavant. Accompagnées par les travaux de Karl Baden (USA), Carolyn Drake (USA), Melanie Einzig (USA), Andy Freeberg (USA), Harry Gruyaert (Belgique), Ernst Haas (Autriche), Fred Herzog (Canada), Saul Leiter (USA), Helen Levitt (USA), Jeff Mermelstein (USA), Joel Meyerowitz (USA), Trent Parke (Australie), Boris Savelev (Ukraine), Robert Walker (Canada) et Alex Webb (USA), un tout nouveau sens leur est donné.

Très rares furent les clichés en couleurs de "l’œil du siècle", comme l’a ainsi surnommé un des biographes de Cartier-Bresson, Pierre Assouline. Ce nom s’explique par son parcours extraordinaire – et surtout ses quatre-vingt-quinze ans – qui lui ont permis d’observer à travers son objectif les évènements majeurs du siècle dernier.

(Fort Lauderdale, Florida, 1968 © Joel Meyerowitz)

Le but de l’exposition est de voir l’évolution des mœurs grâce à cet "instant décisif" et ce, chez des photographes venant d’Europe et d’Amérique du Nord. Il ne s’agit pas seulement de capturer l’instant présent, mais surtout de comprendre à travers un seul cliché ce qu’il se passe au quotidien.

"Challenge et réponse"
Le conservateur du projet, William A. Ewing, a qualifié l’exposition de ‘challenge et réponse’. "Cela va montrer la façon dont Henri Cartier-Bresson, malgré son scepticisme face à la valeur artistique de la photographie en couleur, a tout de même exercé une forte influence sur certains photographes. A Question of Colour rend à la fois hommage au grand ponte, mais également à un groupe de photographes qui prouve que la couleur tient sa place dans cet univers" a-t-il expliqué.

(Chestnut Hill, Massachusetts, 2009 © Karl Baden)

Si certains clichés sont très loin des emblématiques images de Cartier-Bresson, certains font ressentir une certaine nostalgie que l’on peut éprouver devant le travail  du grand maître. Il y en a cependant pour tous les goûts – et les couleurs.

Les clichés de Robert Walker rendent un New York très flashy, tandis que ceux d’Alex Webb sont imprégnés d’une douceur retrouvée. Carolyn Drake s’inspire clairement de scènes de vie quotidienne et laisse transparaître une Amérique profonde. Harry Gruyaert dévoile un Maroc plein de couleurs – que l’on ne voudrait peut-être pas voir en noir et blanc…

Clea Broadhurst (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 15 novembre 2012

Recevez gratuitement notre newsletter !

Remerciement à la Positive View Foundation et la Somerset House pour les photographies.

"Cartier-Bresson : a question of colour" à la Somerset House jusqu’au 27 janvier 2013

 
Une internationale

HISTOIRE – Le mystique soufi Mansur al Hallaj, premier "expatrié"?

On connaît les pérégrinations de Paul de Tarse dans le monde méditerranéen ou encore l'épopée légendaire de l'apôtre Thomas jusqu'en Inde. Moins connue est la vie de Mansur al-Hallaj, mystique persan du soufisme, qui s'installa longtemps en terre non-musulmane pour répandre sa religion et son amour de Dieu. Cette grande figure mystique a donné lieu à une biographie rédigée par l'islamologue Stéphane Ruspoli qui lui attribue le titre d'"expatrié".
Bleu Blanc Box

BLEU BLANC BOX – lepetitjournal.com chouchoute les expatriés

Les produits français vous manquent ? Découvrez la dernière nouveauté concoctée spécialement pour vous par lepetitjournal.com. Chaque mois, aux quatre coins du monde, la BLEU BLANC BOX vous réserve une surprise avec des produits aussi indispensables qu’introuvables à des milliers de kilomètres !
Actu internationale
Actualités de nos partenaires
Expat
Expat - Emploi

TOURISME EN IRAN - Un secteur en expansion et des défis à surmonter

 Depuis le rétablissement et l’amélioration des relations entre l’Iran et l’Occident, il y a un secteur qui se porte à merveille... le tourisme. Annoncé par les analystes depuis déjà plusieurs années, Marc Botinelli parlait déjà en 2013 de « Bombe touristique à retardement » et il ne s’était pas trompé.
Expat - Politique

ESSAI – Comment concilier vie à l’étranger et citoyenneté ?

Etre citoyen lorsque l’on réside hors de France, ce n’est pas facile. Quels droits ? Quels devoirs ? Passionné de politique, résidant depuis plus de 20 ans à l’étranger, Jacques Saillant publie un essai engagé sur la citoyenneté des Français de l’étranger, en forme de réflexion mais aussi de « coup de gueule » face aux instances qui les représentent

AUDIOVISUEL – Haro sur les anglicismes !

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel s'agace. La multiplication des titres d'émissions en anglais, jusque dans le service public, ne convient pas à l'organe chargé d'encadrer les productions télévisées françaises. Seront donc reçus les patrons des grandes chaînes françaises afin de rappeler la règle établie par la loi du 30 septembre 1986 sur le rôle du CSA : utiliser le français autant que faire se peu.
Magazine
En direct de nos éditions locales