En latin d'origine, le même mot  - ludus, qui a donné "ludique" - désigne le jeu et l'école. En outre, le mot grec dont dérive le nôtre, skholè signifie d'abord "loisir". En ces temps de remise en question de l'enseignement dans nos collèges et lycées, pourrait-on trouver là quelques pistes pour la transmission du savoir ?

Le double sens de scholè vient de ce que, dans l'Antiquité, lorsque l'on dispose de loisirs, on les consacre à l'étude. Le pédagogue conduit sur le chemin de la connaissance. Encore faut-il, pour assimiler les notions nouvelles, disposer de temps et les rabâcher pour que la mémoire les retiennent et que toutes ces connaissances cessent d'agir comme des corps étrangers, mais au contraire, qu'elles donnent le choix, donc la liberté.

L'oisif n'est pas toujours oiseux

Cette notion de temps et d'assimilation est encore présente dans le terme latin d'otium . Otium qui nous a légué le terme péjoratif d'oisif, est en latin opposé à negotium qui signifie les affaires à conduire et a donné "négoce". Pour les Romains, l'oisiveté n'est pas nécessairement mère de tous les vices, mais donne le temps de s'occuper, grâce à un certain éloignement des affaires, de tout ce qui (dirions-nous aujourd'hui) "ne sert à rien" ; c'est-à-dire ce qui meuble l'esprit - la poésie, la littérature ou la philosophie.

Tout cela fait partie d'un jeu de l'esprit, d'une rêvasserie, et même d'un ennui que l'on ne s'autorise plus de nos jours.  Jeux rhétoriques, jeux de mots, jeux impliquant des constructions mathématiques, tout cela formait jadis l'esprit de l'enfant ou de l'adolescent, "musclait" sa pensée.

Discernement et liberté individuelle

Imaginons un ministre de l'Education nationale qui proposerait aux élèves des collèges et lycées le programme suivant :  controverses faisant appel à l'esprit de compétition et scindant la classe en deux camps chargés de défendre chacun une thèse opposée ; apprentissage de la communication grâce à diverses techniques d'éloquence, allant jusqu'à la théâtralisation des conflits individuels et sociaux ;  plongée dans les énigmes scientifiques pour se poser le sens de la présence au monde et de la place de l'homme dans l'univers ; épanouissement du corps grâce au football, au baseball, au tir au fusil, à la course d'avirons ; pratique d'instruments de musique pour s'initier à la maîtrise des doigts et du souffle ; lecture de faits mémorables pour forger le jugement ; respect de la discipline et pratique de l'obéissance, conçue comme voie d'accès au discernement.

Tout cela et bien d'autres choses, il le trouverait dans un ouvrage de 1599, le fameux Ratio Studiorum des jésuites qui inspira le  lycée public inventé par Napoléon : car il répond à ceux qui demandent à l'enseignement de former des femmes et des hommes adaptés à leur temps, d'encourager l'individu à être autonome et responsable.

Mais veut-on des individus autonomes et responsables ? Telle est la question.

Elizabeth Antébi (www.lepetitjournal.com/cologne) Mardi 10 juillet 2012

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