Le 8 septembre prochain, le Festival Lakhaon organisé par l’Institut Français du Cambodge (IFC) ouvrira ses portes au Théâtre Chenla avec Cambodge, me voici de Jean-Baptiste Phou. Le programme de cette édition 2012 explore de nouvelles formes théâtrales avec 3 pièces qui naviguent entre tradition, création et trilinguisme. Explications avec Olivier Planchon, directeur de l’IFC.

LePetitJournal.com : Des huis-clos, la question de l’exil et de l’identité... Le festival Lakhaon aborde cette année des thèmes plus sérieux. Pourquoi ce changement de registre ?
Olivier Planchon :
C’est que le public a mûri ! Aussi avons-nous décidé cette année de mettre à profit cette maturité notamment au travers de la pièce de Jean-Baptiste Phou, Cambodge, me voici qui aborde des sujets sérieux et touchants. Le public est à la fois intéressé et réceptif à ces thèmes qui relèvent du registre de l’émotion et de l’empathie.

L’esprit comedia dell’ arte n’est donc plus à l’ordre du jour pour cette 6e édition ?
Les années passées, nous avons beaucoup exploité le registre de la comedia dell’arte et ses effets comiques, car le public était encore peu habitué aux formes dramatiques. Néanmoins, nous allons encore beaucoup rire cette année. L’humour est exploité différemment, avec par exemple une écriture de l’absurde dans la présentation de travail du Studio Théâtre. L’humour de Jean-Baptiste Phou est loin d’être désespéré ; quant au Reakmer, c’est d’abord du théâtre populaire, avec tout ce que cela comporte d’effets comiques, même si le texte provient de la pièce épique traditionnelle Ramayana.

En quelques mots, pouvez-vous nous décrire cette programmation ?
Cambodge, me voici : un happy end à vous tirer des larmes et un jeu d’acteur exceptionnel.
L’exil de Preah Ream : sa fraicheur provinciale et ses costumes délirants.
Mais où est passé Monsieur Sanghak ? : son esprit de dérision et de création collective.

Cette année, la programmation est réduite. Comment l’expliquez-vous ?
C’est une évolution du festival à noter, en effet. Cette année, le financement pour le Festival est inférieur de moitié à celui des éditions précédentes. Pour autant, le maintien de ce Festival unique en son genre au Cambodge est très important à mes yeux. Même à petite vitesse, le festival doit se poursuivre car le public cambodgien lui porte un grand intérêt, et les artistes également.

Depuis sa création, le festival a t-il évolué artistiquement ?
Au départ, nous avions un concept très précis, celui de faire renaître le patrimoine théâtral cambodgien et de le confronter à des formes internationales, notamment asiatique. Nous nous sommes rendu compte que le public était peu sensible à cette ouverture régionale. Nous avons donc changé d’orientation en proposant des adaptions de texte en langue khmer, surtitrées systématiquement en français et en anglais, avec des artistes cambodgiens. Nous avons mis en avant le théâtre de Yiké, théâtre parlé qui implique beaucoup d’improvisation, sans renoncer pour autant à des formes traditionnelles, comme le Lakhaon Bassac, qui sera présenté le 12, par une troupe de kampong Cham. Cette année nous avons innové avec la pièce écrite de Jean-Baptiste Phou, tout jeune auteur et metteur en scène français d’origine khmère, mais aussi avec une pièce représentée en français sur un texte de Randal Douc, mise en scène par Christophe Dellocque, acteur et metteur en scène français installé au Cambodge depuis trois ans.

Quels sont les prochains projets de l’IFC cette année ?
En octobre, nous avons un calendrier chargé avec l’exposition Angkor vivante (reconstitution sonore) ; un spectacle de danse contemporaine et hip hop, Carnets de Voyage, chorégraphié par le danseur Nabil Oeulhadi de la Compagnie Racine Carrée ; et enfin, le Festival PhotoPhnomPenh du 8 au 13 décembre.

Festival de théâtre Lakhaon, du 8 au 15 septembre 2012.
Spectacles en cambodgien sous-titrés français et anglais.
Cambodge, me voici de Jean-Baptiste Phou au Théâtre Chenla. Le 8 septembre à 19h et le 9, à 15h.
Reamker, l’exil de Preah Ream, mis en scène par Kâng Chanthirith au Département des arts du spectacle de Kompong Cham, Phnom Penh. Le 12 septembre à 19h.
Mais où est passé Monsieur Sanghak ? Création du Studio Théâtre à l’Institut Français du Cambodge, 19h.

Propos recueillis par Julie Cassiau

Lire aussi : Cambodge, me voici, l'expression d'une identité plurielle

 
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