Cotonou

IMMATRICULATION DES VEHICULES - vers la disparition des plaques à messages particuliers

 

C’est l’une des particularités des véhicules à deux roues à Cotonou et autres villes du Bénin. Depuis plusieurs années, il est aisé de lire des messages de toute nature, inscrits sur des plaques fixées derrière certaines motos. Beaucoup de Cotonois ont adopté cette pratique qui a fini par s’imposer comme une mode ou une façon d’afficher sa personnalité. Mais elle risque de disparaitre. Au Bénin, de nouvelles réformes obligent les propriétaires de motos à immatriculer leurs moyens roulants. Lepetitjournal.com s’est intéressé au sujet.

Pour l’heure, point d’inquiétude. Dans les rues, sur les grands axes, sur des parcs de stationnement et autres endroits, le constat est toujours le même. Un nombre non négligeable des motos en circulation portent des messages particuliers. De petits textes qui attirent souvent l’attention des usagers. Parfois des versets bibliques, des proverbes, de la publicité, en français ou en fongbé (une langue parlée au Bénin).

Sur ces plaques fixées à l’arrière de certaines motos, on peut par exemple lire « Dieu est grand » ; « la vie est un combat » ; « Matthieu 7 V 7 », ou encore, « Vi kpèvi » pour dire petit enfant, « Mi do mahu si » qui équivaut en fongbé à : Nous nous confions à Dieu. Cette mode est légion dans les rangs des conducteurs de taxi moto « Zem ». Selon Narcisse, un conducteur de taxi moto rencontré à Fidjrossè, le choix de l’expression « Vi kpèvi », n’est pas anodin. Jeune homme, la trentaine environ, il se considère comme le plus petit (Vi kpèvi) dans son environnement. « Pour grandir, un petit a besoin du soutien de ses ainés.

Je me déclare donc petit pour faire preuve d’humilité afin de recevoir la bénédiction des ainés », confie Narcisse. Quant à son collège Honoré, écrire un texte derrière la moto est une façon de faire connaitre sa conviction. Cette mode, remarquable au Bénin risque de disparaitre avec l’obligation faite aux propriétaires d’engins à deux et à trois roues d’immatriculer leurs moyens roulants.

L’immatriculation

Quelques mois après son avènement, le gouvernement du nouveau départ, par le biais du ministère de l’Intérieur a remis sur le tapis la question de l’immatriculation des engins à deux roues.

Sous la gouvernance du président Boni Yayi, les populations ont été sommées d’immatriculer leurs engins. Des séances de sensibilisation ont été organisées pour persuader les citoyens de l’importance de cette mesure. L’élection d’un nouveau président n’a rien changé à cette réforme. Sous Patrice Talon, les Béninois qui ne se sont pas encore conformés à cette exigence doivent mener les démarches adéquates.

Selon les autorités, les motos non immatriculées seront retirées de la circulation et les propriétaires se verront verbalisés, conformément à la loi. Une mesure bien accueillie par les populations, mais certains regrettent la disparition des plaques à messages souvent retrouvées en circulation. Les usagers ayant écrit des messages derrière leurs motos en sont conscients. Honoré compte changer la place de sa plaque. « Je tiens à mon message et je compte respecter les consignes des autorités. Pour cette raison, je vais juste revoir la position de la plaque qui porte le message », prévoit Honoré. Narcisse, en revanche, pense qu’il serait mieux de réécrire son message derrière sa chemise. Si certains réfléchissent à comment revoir la position des plaques afin de garder les messages, d’autres en revanche comptent s’en débarrasser.

Mais pour l’heure, les motos immatriculées, celles à plaques à messages, et autres n’ayant aucune marque distinctive circulent librement dans la ville de Cotonou. La phase répressive est toute même imminente afin de contraindre tous les propriétaires d’engins à deux ou trois roues à procéder à l’immatriculation de leurs moyens roulants.

Childéric Sessou, pour www.lepetitjournal.com/cotonou, lundi 6 mars 2017

Crédit photo : Childéric Sessou

 

 
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