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GREVE - LES TRAVAILLEURS FRANÇAIS EN COLERE |
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jeudi 23 novembre 2006 |
Quelques jours après la Fête Nationale qui avait scellé l’union des monégasques et des résidents autour du Prince et de son gouvernement, hier, l’humeur était à la colère, chez les salariés français travaillant à Monaco. Ils étaient nombreux (1300, selon les chiffres officiels) à descendre dans les rues de la Principauté pour protester notamment contre la non-application de la loi sur le salaire minimum, et pour rappeler les conditions injustes dans lesquelles travaille la majorité des salariés du secteur privé*.
Une loi qui subsiste mais qui demeure inappliquée… Paralysie du secteur public et surtout privé hier : à l’appel de plusieurs syndicats, rassemblés sous la bannière de l’Union des Syndicats de Monaco, les salariés français travaillant à Monaco ont foulé les rues dans le but d’obtenir une réaction du patronat et du gouvernement. A l’origine de cette grève : une recommandation qui suspend l’application de la loi n°739 sur la parité des salaires et qui créée une situation de non-droit. Les salariés français sont donc privés de la rémunération correspondant au coefficient de leur catégorie**. Autrement dit, malgré les intentions formulées par le gouvernement monégasque, la loi sur le salaire minimum n’est toujours pas appliquée : à SMIC*** équivalent, les salariés français de Monaco travaillent donc 39 heures par semaine, au lieu des 35 heures en vigueur en France…
Faire entendre leurs voix Les grévistes ont réclamé également la publication de la grille des salaires au Journal Officiel, une requête à laquelle la Direction du Travail demeure fermement opposée, d’après les syndicats, ainsi que le maintien de la hiérarchie des salaires. De même, plus d’un quart des salariés du secteur privé étant rémunéré au SMIC, les travailleurs français ont réclamé une revalorisation et une progression de leur pouvoir d’achat en Principauté. Enfin, dernier motif de revendication pour les syndicats : le Ministre d'État affilié à l’Économie devait rendre obligatoire la motivation écrite du licenciement, une promesse non tenue selon les leaders syndicaux.
Ce jeudi 23 novembre devait célébrer la Journée des Droits de l’Enfant… Laure LAMBERT (LPJ Monaco), 24 novembre 2006
* La manif' portait sur le problème du travail en général: salaires, pouvoir d'achat, retraite, sécurité sociale, conditions de travail, contrat de travail. ** Avec majoration de 11,43% équivalent aux 4 heures de réduction du temps de travail *** 5% des salariés à Monaco seraient rémunérés au SMIC, selon le Président de la Fédération Patronale Monégasque
Le SMIC de Monaco est le même qu'en France à savoir 8,27 EUR brut de l'heure. La différence: la Loi des 35 heures ne s'applique pas en Principauté, exception faite de certaines entreprises qui ont décidé de l'appliquer. En matière légale monégasque, les salariés travaillent 39 heures par semaine (169 heures par mois, sauf certains secteurs spéciaux) et si il n'y a pas de grilles de salaires conventionnels c'est le SMIC horaire qui est appliqué. L'indemnité dite de "vie chère" ou "5% monégasque" est servie aux salariés payés sur le minimum légal (SMIC) ou conventionnel. Ce 5 % est calculé sur le brut et n'est pas soumis à cotisations, donc c'est du net direct (en bas du bulletin de salaire au même titre que les indemnités non soumises à cotisations). La part salariale de cotisations est moins élévée qu'en France. Un salarié au SMIC cotise en tout sur une base de 12,39 % de son salaire brut, ce qui est nettement moins que les plus de 20 % en France. |
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