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ESCAPADE - Boire un petit coup à Besalú |
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vendredi 24 novembre 2006 |
Besalú, situé à 130 km au nord-ouest de Barcelone, est une petite ville qui vaut le déplacement à n’importe quelle date de l’année. Mais si vous souhaitez visiter cet ensemble historique en pleine ébullition, allez-y le 3 décembre pour la fête du ratafia.
Photo : Besalú, Nelson Souto, www.nelsonsouto.com Le ratafia est une boisson alcoolisée très sucrée qui se sert en apéritif ou en digestif selon les goûts et les coutumes. A l’origine, le mot ratafia désignait n’importe quelle boisson consommée lors de la ratification d’un accord car en latin, « rata fiat » signifie traité ratifié, marché conclu. Le terme s’applique actuellement à deux types de boisson. Vous connaissez peut-être le ratafia de Champagne élaboré avec du raisin de l’appellation « Champagne», ou celui de Bourgogne confectionné avec du marc de Bourgogne. Ils appartiennent tous les deux au groupe des mistelles. Le ratafia de Besalú, par contre, fait partie des liqueurs de fruits. Il s’obtient à partir de la macération d’herbes locales et de noix, amandes amères, coing, noyaux de cerises ou de pêches. Les recettes varient considérablement selon les saisons et les ingrédients disponibles mais vous aurez du mal à trouver quelqu’un disposé à vous en confier le secret. Et pour cause ! Tout le monde, en effet, est invité à préparer la potion de son cru et à la présenter au concours de ratafia qui aura lieu dimanche prochain sur la Place de la Liberté. L’élixir victorieux est mis en bouteille au frais de la ville et se vend toute l’année avec une étiquette honorifique. Le miqvé médiéval Ratafia mis à part, Besalú ne manque pas de saveur et le pont qui enjambe le Fluvià est l’un des plus photographiés de la Catalogne. Les circuits touristiques les plus classiques égrainent l’église du Monastère de Saint Pierre, la maison Cornellà et l’ancien hôpital de Saint Julien. Presque des babioles si on les compare au miqvé médiéval situé dans l’ancien quartier juif car c’est l’unique bain rituel juif de cette époque découvert jusqu’à présent en Espagne. Sa valeur historique contraste avec sa simplicité architectonique. Quelques marches accèdent à un bassin rempli d’une eau de pluie qui pénètre par une fenêtre latérale. Loin de remplir une fonction hygiénique, il fallait se laver avant de s’y purifier moralement ou spirituellement dans des situations bien déterminées: après un contact avec un mort, suite aux périodes menstruelles, avant de se marier ou de se convertir au judaïsme, chaque semaine avant le Sabbat aussi, ou pour « formater » religieusement des ustensiles fabriqués par des non juifs. Les miqvés font encore partie de la vie quotidienne des communautés juives et les explications sont les bienvenues pour en saisir toute l’importance sociale. Sachez donc qu’une visite gratuite de la ville médiévale est organisée depuis l’Office du Tourisme, le samedi 2 décembre, à la veille de la fête du ratafia. Isabelle BARBOT. (
www.lepetitjournal.com – Barcelone) |