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Par trois fois la semaine dernière, plusieurs dizaines de jeunes d’origine étrangère regroupés en bande s’en s’ont pris aux forces de l’ordre, perturbant même le travail des services de secours. Si certains politiques et policiers réfutent la comparaison avec les banlieues françaises, d’autres jugent la situation préoccupante, et constatent des failles dans le modèle d’intégration allemand
Est-ce un simple concours de circonstances ou le prélude d’émeutes telles que la France en a connues il y a un an ? Après les violences recensées dans plusieurs quartiers de Berlin la semaine dernière, la question fait débat.
Mardi à Kreuzberg, une centaine de jeunes se sont attaqués aux forces de l’ordre après que la police a arrêté deux adolescents de douze ans. Deux policiers ont été blessés. A Tempelhof mercredi, une soixantaine de jeunes ont agressé une classe entière et poignardé un élève. A Moabit jeudi, ce sont près de deux cents individus qui ont tenté d’empêcher les pompiers de porter secours à un enfant de cinq ans.
De tels événements se répètent régulièrement depuis quelques semaines dans certains districts berlinois et plus particulièrement dans le quartier de la Wrangelstrasse (Wrangelkiez) à Kreuzberg. Assiste-t-on à une escalade de la violence dans ces quartiers à population d'origine majoritairement immigrée en proie à un chômage massif ? Exceptions ? Certains responsables se veulent rassurants. Dieter Glietsch, chef de la police, a qualifié ces événements d’"exceptions" et a martelé qu’il n’y avait pas de zone de non-droit à Berlin. Mardi, le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, a affirmé que la République fédérale était l’un des pays les plus sûrs du monde. Ces violences n’auraient rien à voir avec des émeutes "à la française". Comme en écho, rares sont les journaux allemands qui ont consacré des articles de fond à cette recrudescence d'actes violents. Pourtant, quelques discours discordants perturbent le tableau. Le maire de Kreuzberg, Franz Schulz (Verts), estime pour sa part que le "Wrangelkiez" souffrirait de graves problèmes d’intégration et que la police n’y interviendrait qu’avec difficulté. Quant au maire de Neukölln Heinz Buschkowsky (SPD), il invoque "une perte de valeurs, qui fait que l’Etat de droit n’est plus accepté".
Des déclarations qui viennent sérieusement ébranler le mythe d’un Kreuzberg multikulti aux accents bobo, paradis de l’intégration des jeunes d’origine étrangère. Cécile Boutelet. Berlin. (www.lepetitjournal.com). Lundi 20 novembre 2006.
Pour aller plus loin. Frankfurter Allgemeine Zeitung
Tagespeigel
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