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PHOTOS - Duras, sous les feux de l’objectif |
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lundi 20 novembre 2006 |
Jusqu’au 19 janvier, et à l’occasion des dix ans de la mort de l’artiste, l’Institut
français nous fait découvrir l’exposition intimiste de la photographe
Hélène Bamberger, consacrée à Marguerite Duras en Normandie. Les
clichés dévoilent une Duras peu connue, tout en silence et en contraste
Visible depuis l’extérieur, à travers les portes translucides de la galerie de l’Institut Français, le "monstre sacré" littéraire - comme la désigne J.L. Arnaud- trône et couvre les visiteurs de son regard paisible depuis le 9 novembre.
On distingue alors très nettement ce visage "lacéré de rides sèches et profondes, cette peau cassée et ces yeux batraciens".
On se souvient alors du paragraphe qui ouvre la lecture de l’Amant et l’on s’étonne qu’elle ait été disposée à faire de ce visage dévasté un objet d’art. "Un jour un homme est venu me voir et m’a dit : "Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venue vous dire que pour moi, je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune. J’aime moins votre visage de jeune fille que celui que vous avez maintenant, dévasté".
Un peu plus d’immortalité
Faire de ce visage "détruit" comme elle le définissait elle-même, une œuvre d’art, est l'objectif fixé par Hélène Bamberger, la photographe "souvent elle me dirigeai et se mettait en scène. Elle avait une idée très précise de la façon de s’habiller. De la mienne et de la sienne, d’ailleurs". Irrémédiablement, la femme de lettres reprend le dessus et fait de ces clichés les pendants de ses œuvres théâtrales les plus modernes.
Claude Roy affirmait dans Nous "elle a toujours écrit en épurant. Chaque fois un peu moins de mots, chaque fois un peu plus de silences." Comme dans Actes sans Paroles de Beckett, ces photographies, avec leurs jeux de lumière, leur mise en scène et leurs costumes, nous en disent un peu plus sur l’univers littéraire de Duras et lui permettent comme à ses œuvres, d’accéder à une forme d’immortalité.
Sarah ROBLOT. (www.lepetitjournal.com – Barcelone) 21 novembre 2006
Marguerite Duras de Trouville par Hélène Bamberger
La Galerie de l’Institut Français de Barcelone
Du 9 novembre 2006 au 19 janvier 2007
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