|
LECTURE - Un roman sur l'exil chilien |
|
|
mercredi 15 novembre 2006 |
Bernardo Toro, né à Santiago en 1964 est champion d'échecs et professeur de français en région parisienne. Il vient d'écrire son premier roman, en français, "Contretemps" (Ed.Les petits matins), disponible à Santiago*
Un adolescent de dix-sept ans quitte le Chili de Pinochet pour recommencer une nouvelle vie à Paris. Seul, sans ressources, perdu dans une ville dont il ne maîtrise pas la langue, il est amené par les circonstances à fréquenter un restaurant chilien, où il retrouvera Laura, le femme d’un dirigeant d’extrême gauche, qu’il a rencontrée six ans plus tôt, lorsque, persécutés par la police politique, elle et son mari ont trouvé refuge chez ses parents.
Une relation se noue entre ces deux personnages que tout oppose : l’âge, la situation familiale et surtout le rapport au présent. Elle, repliée sur son passé dans un pays qu’elle n’a pas choisi ; lui, tourné vers l’avenir et pressé de tirer un trait sur son passé.
Mais le passé fait retour par un biais insoupçonné. Si bien que, par un ultime retournement, c’est le jeune homme qui deviendra, le dépositaire d’une mémoire collective que chacun préfère enterrer : depuis l’époque des utopies et l’engagement militant jusqu’au coup d’état et la répression militaire, depuis l’effondrement des idéaux révolutionnaires jusqu’à la plongée dans le capitalisme sauvage. Un séisme effroyable Du contexte de l'époque, qu'il connait bien, l'auteur, Bernardo Toro dit: "Le coup d’état au Chili a été un séisme effroyable dont l’onde de choc a touché au moins trois générations. Même si je n’avais que neuf ans au moment du putsch, j’ai vu autour de moi le monde s’effondrer, d’abord brutalement, puis lentement et de manière insidieuse. De ce jeu de massacre personne n’est sorti indemne. Personnellement, j’en garde un désir permanent de clandestinité, comme si toute participation à la vie sociale « officielle » était une forme de compromission. Que ce sentiment soit absurde ne change rien à l’affaire. La violence du coup d’état a eu aussi des effets de dévoilement, c’est-à-dire de vérité. Je ne suis pas loin de souscrire à la thèse de Freud qui prétendait que la société était le fait d’un crime commis en commun. Ce crime nous l’avons vu, il s’est déroulé sous nos yeux. Les faits sont là, à présent nous les connaissons, mais savons-nous comment ont-ils été subjectivement vécus ? C’est là que la littérature a un rôle à jouer. Fait politique, la dictature est devenue un fait social, familial, individuel, il n’est pas de domaine qui ait échappé à son pouvoir. Loin du cloisonnement que la rationalité impose à l’expérience, le roman capte la vie dans son ensemble, c’est-à-dire dans son hétérogénéité. Politique, sentiments, économie, conflits familiaux, dans la vision subjective tout est inextricablement imbriqué. L’impudeur de la littérature tient moins aux secrets qu’elle révèle qu’aux cloisons qu’elle abat, la réalité semble tout à coup si étrange, si méconnaissable dès qu’elle racontée à partir de la conscience d’un sujet. Toutes les bibliothèques du monde ne sauraient épuiser la richesse d’une seule de nos journées, même si certains livres peuvent nous faire sentir, par instants, cette complexité. C’est ce que j’ai essayé de faire : donner un aperçu de ce que le coup d’état a été pour beaucoup d’entre nous." Sophie Rouchon (www.lepetitjournal.com Santiago) jeudi 16 novembre 2006
*Voir dans nos "Bonnes adresses", rubrique "Librairies"
|
| RECEMMENT |
- ANNIVERSAIRE – La bibliothèque de Santiago, 3 ans déjà
- SANTIAGO EN BREF- fraude, reconstruction, grèves, sport, sécurité
- SONDAGE- Quand les Chiliens pensent aux Français
- INITIATIVE – Squats culturels en « Republica »
- BALADE – Concha y Toro, un lieu insolite à Santiago
- SANTIAGO EN BREF - Grève, vote, eau, plan, musique
- SEMAINE FRANCAISE-Les dessous chics de Danielle Gerez
- COMMUNAUTE- L’Alsace à la table.
|
|
|
|
|
|
SUR LE FORUM SANTIAGO |
- AMIS ARTISTES MELANGEZ VOUS
natycool 03-09-08 16:03
- Re:recherche
Modérateur 26-08-08 17:34
- recherche
lobato 26-08-08 04:21
Tout le forum... |
|
DERNIERS ARTICLES DES LOCALES |
|
|
|