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EDUCATION - La prévention, un jeu d’ados ? |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 14-11-2006 23:00
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Un
an après les émeutes en banlieue, de nouvelles violences éclatent ça et
là, stigmatisant l’échec de nos outils de médiation et de répression.
Et s’il fallait prévenir, au lieu de guérir ? S’il fallait même le
faire avec le sourire ? C’est tout le propos du théâtre d’intervention
Les élèves improvisent les paroles des personnages (photo LPJ)
Gamins des
cités, lycéens ou stagiaires, la jeune génération brandit ses blessures
et son droit au chapitre comme on crache sa peur de l’avenir au visage
de la société. Une peur d’anticipation qui s’enracine aux toutes
premières heures de l’adolescence, formant progressivement le terreau
favorable aux conduites à risque (drogues, violences -notamment
sexuelles-, sida…).
Puisque gendarmes et pompiers sont jugés trop
moralisateurs par les jeunes, les collectivités territoriales optent
pour des méthodes de prévention alternatives parmi lesquelles le
théâtre d’intervention. Plus proche du zéro diabolisation que de la
tolérance zéro, ce théâtre-là permet à l’adolescent de verbaliser
librement ses angoisses, de se lâcher sans crainte d’être jugé. Un
moyen ludique d’éviter les bombes à retardement…
Un théâtre citoyen
Ça se passe dans
les lycées et CFA d’Ile de France, plus rarement au collège. Des
comédiens débarquent un beau matin et installent la scène dans le
foyer. Les élèves se demandent ce que les profs ont encore inventé pour
leur faire la morale, mais comme ça remplace le cours de maths… Les
comédiens vont jouer six saynètes sur des thèmes différents comme
l’alcool, les médicaments, ou le cannabis.
L’idée consiste
à rejouer ensuite ces mêmes scènes en invitant les élèves à interrompre
le jeu à la minute où ils estiment que les personnages font fausse
route. L’ado qui est intervenu prend alors la place du personnage
sujet à caution et improvise avec les autres comédiens une situation
selon lui plus adéquate. S’ensuit un débat collectif, sur le mode du
jeu (ce ne sont pas les élèves qui parlent mais bien les personnages)
auquel tous participent de bon gré. Une autre manière d’amener les ados
à réfléchir…
Sandra de Vivies (www.lepetitjournal.com) 15 novembre 2006
Le théâtre d’intervention express
C’est Augusto
Boal, un Brésilien oeuvrant dans les favelas pour la liberté
d’expression, qui a importé le concept de théâtre d’intervention dans
notre pays. Il s’installe en France dans les années 70 et fonde le
Théâtre de l’Opprimé. La philosophie de son mouvement : utiliser le
théâtre dans une optique de conscientisation, de réflexion et
d’ouverture au monde.
Bernard Grosjean
était l’un des membres de sa troupe avant de monter sa compagnie
Entrées de jeu*. Il travaille d’abord main dans la main avec le
CRIPS**, pour lutter contre la montée du sida. Puis, suivant les
préoccupations de notre société, il évolue vers la prévention des
multiples fléaux contemporains que sont les drogues, les violences,
etc.
Aujourd’hui
proposée à la plupart des lycées et CFA*** d’Ile de France,
l’intervention de sa compagnie en milieu scolaire est intégralement
financée par le CRIPS (lui-même financé par le Conseil Régional d’Ile
de France).
* La compagnie Entrées de jeu : www.entreesdejeu.net
** CRIPS : Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida
*** CFA : Centres de Formation des Apprentis - (LPJ – 15.11.06)
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