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L’archétype du macho mexicain peut aller se rhabiller. Jeudi, l’assemblée du D.F. a adopté la Ley de Sociedades de Convivencia. Cette sorte de PACS donnera un cadre juridique au concubinage entre deux personnes, du même sexe ou non
Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la fierté homosexuelle, flotte plus gaiement que jamais sur la Zona Rosa ! (Photo : DR)
L’Assemblée du Distrito Federal (ALDF) vient de mettre KO le cliché du macho mexicain. Jeudi, les législateurs de la capitale ont adopté la Ley de Sociedades de Convivencia, qui va permettre aux couples homosexuels de formaliser leur vie en concubinage. Le D.F. devient ainsi le premier Etat du pays à se doter d’une telle structure juridique. Celle-ci devrait entrer en application au plus tard fin février, le temps de peaufiner les détails du texte et de former les personnels des delegaciones, qui seront chargés d’enregistrer les actes.
A quelques semaines du changement de gouvernement, les élus du PRD (Parti de la révolution démocratique), soutenus par une fraction du PRI (Parti de la révolution institutionnelle), ont enfin finalisé cette idée, en suspens depuis cinq ans et demi. C’est le 26 avril 2001 que le projet fut présenté pour la première fois à l’Assemblée. Il était revenu, à plusieurs reprises, sur le devant de la scène mais ne s’était jamais concrétisé, notamment en raison des réticences d’Andrés Manuel López Obrador. L’ex-maire perediste de Mexico craignait en effet qu’une telle mesure, potentiellement polémique, nuise à sa candidature à la présidence.
Une "farce" selon le clergé catholique
De fait, polémique il y a bien. Jeudi, aux abords de l’ALDF, dans le Centre Historique, de nombreux homosexuels, militants ou non, s’étaient réunis pour célébrer cette victoire. Mais leur liesse était proportionnelle à la fureur des militants traditionalistes, notamment catholiques, qui avaient eux aussi accourus, mais eux pour protester contre la nouvelle loi. Certains groupes en sont même venus aux mains, obligeant les forces de l’ordre à intervenir.
Depuis, le très conservateur PAN (Parti action nationale – dont les élus à l’ALDF ont voté contre la loi), les défenseurs de la famille traditionnelle et l’Eglise ne décolèrent pas. Alors que dans les bars et restaurants de la Zona Rosa, le quartier le plus ouvertement gay de Mexico, l’ambiance a été festive tout le week-end, l’évêché de la capitale a multiplié les déclarations condamnant la Ley de Sociedades de Convivencia, qualifiée de "farce".
L’adoption hors de question
Ce nouveau cadre juridique, qui est d’ailleurs aussi accessible aux couples hétérosexuels, est pourtant loin d’ouvrir la porte au mariage gay. Sorte de PACS, il permettra avant tout, en cas de décès d’un des deux signataires, de faciliter la transmission du patrimoine à son partenaire. En revanche, l’adoption d’enfants est hors de question, tout comme l’extension des droits sociaux (comme la Sécu) au partenaire. De plus, une seule des deux parties peut décider de mettre fin à la sociedad de convivencia et les partenaires n’ont pas automatiquement de garantie – notamment financière – après une éventuelle séparation.
Il n’empêche, cette loi est une petite révolution, plus que symbolique, et ses nombreux détracteurs l’ont bien compris !
Camille VAYSSETTES. (www.lepetitjournal.com) 13 novembre 2006
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