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CINEMA - La bouleversante énergie de Lady Chatterley |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 06-11-2006 23:00
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Pascale Ferran tourne peu mais le fait magnifiquement. Sa version de Lady Chatterley est une œuvre solaire et bouleversante sur la beauté du désir, loin de tous les clichés érotisants et au plus près de la réalité des sens et de l’amour
Pascale Ferran filme une fleur ou un court d’eau sans charger la nature de lyrisme ou de symbolisme inutile (photo Ad Vitam) L’évocation de L’amant de Lady Chatterley convoque généralement un lot d’images sulfureuses et floues nimbant les pamoisons d’une Sylvia Krystell sortie de son fauteuil en rotin. Tout le monde pense savoir qu’il est question des émois transgressifs d’une Lady anglaise réveillée par l’animalité torride de son domestique. Qu’il est question, donc, d’Erotisme grand genre, un peu salace, mais adoubé par la littérature… La lecture proposée par Pascale Ferran de la deuxième version du roman de D.H. Lawrence, Lady Chatterley et l’homme des bois, est à mille lieues de ces considérations, même si la naissance du désir est au cœur des 2h38 du film. Dans une nature bienveillante de domaine anglais, Constance découvre bel et bien le lien du corps et le plaisir, dans les bras de Parkin, le garde chasse de son mari, Sir Clifford, directeur d’une mine et paraplégique. L’Eveil Certaines œuvres planent en apesanteur, saisies d’une grâce lumineuse et forte qui résiste à la description. C’est la cas de Lady Chatterley, qui frémit à chaque seconde d’un élan vital, d’une énergie sensuelle et amoureuse bouleversante. L’espace qui sépare Constance de Parkin est immense et la barrière de bois qui délimite leur territoire respectif beaucoup plus lourde qu’elle ne semble. Pourtant, rien ne vient perturber la progression de leur rapprochement et la lente mise à nue de leur intimité et de leur chair. La beauté ravageuse du film tient sans doute à ce qu’il ne s’encombre jamais de considérations morales, de tensions scénaristiques liées à la clandestinité de la liaison ou de quelconque thèse appuyée. Le contenu social et politique transpire sans discours sous l’évidence fluide de la mise en scène. Pascale Ferran est une cinéaste précieuse et rare (Petits arrangements avec les morts, 1993) qui filme une fleur ou un court d’eau sans charger la nature de lyrisme ou de symbolisme inutile. Elle procède de même avec les scènes d’amour, proches et délicates, très profondément fondues aux autres éléments du récit. Elle révise ici avec une confondante simplicité ce que l’on croyait savoir des représentations de la sexualité et réalise un des plus beau film qui soit sur l’Eveil. La version salle est une merveille. Elle sera suivie d’une autre, plus longue encore, diffusée bientôt sur Arte. Jean Marc Jacob (www.lepetitjournal.com) 7 novembre 2006
Lady Chatterley, Pascale Ferran (2h38) avec Marina Hands, Jean-Louis Coulloc’h, Hippolyte Girardot … Voir la bande annonce : http://www.allocine.fr/film/video_gen_cfilm=61490.html
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