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Le Sommet ibéro-américain a permis à l'Argentine de commencer à régler deux dossiers épineux: la dette avec l'Espagne et le conflit avec l'Uruguay sur la fabrique de papier de Fray Bentos. Le roi Juan Carlos a notamment accepté d'aider Buenos Aires et Montevideo à trouver un compromis
Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, hier à Montevideo (photo XVI Cumbre iberoamericana)
Le XVIe Sommet ibéro-américain s'est achevé hier à Montevideo, en l'absence notable des présidents brésilien, cubain, vénézuélien et péruvien. L'Espagne a en revanche montré l'intérêt qu'elle porte aux relations avec l'Ibéro-Amérique et le Roi comme le chef du gouvernement avaient fait le déplacement.
Sur la thématique principale de ce sommet, "migration et développement", les chefs d'Etat et de gouvernement latino-américains ont demandé à l'Espagne, et plus généralement à l'Europe, de ne pas fermer ses portes à l'immigration et une aide économique pour enrayer le phénomène.
Concernant les relations bilatérales entre l'Argentine et l'Espagne, les entretiens ont été fructueux. Le Président argentin Néstor Kirchner a fait un geste fort à propos de la dette et s'est engagé auprès du Premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, à rembourser, d'ici à 2012, la totalité de sa créance de près de 1 milliard de dollars auprès de l'Espagne, contractée pendant la crise en 2001. De son côté, le Premier ministre espagnol a affirmé que les entreprises de son pays étaient prêtes à "continuer à augmenter leurs investissements" en Argentine. Elles "ont fait un pari stratégique sur l'Argentine, elles ont été confrontées aux moments les plus difficiles et elles veulent rester", a expliqué José Luis Rodríguez Zapatero au cours d'une conférence de presse.
Le roi d'Espagne apporte son aide
Enfin, le roi Juan Carlos a accepté d'aider à la résolution du conflit entre l'Argentine et l'Uruguay sur l'installation d'une fabrique de papier finlandaise à Fray Bentos, sur la rive uruguayenne du río Uruguay. Les riverains argentins et les écologistes, qui jugent cette usine hautement polluante pour le fleuve et leur environnement, enchaînent manifestations et blocage de routes à la frontière depuis des mois. Les autorités uruguayennes encouragent, elles, ces investissements, affirmant que la fabrique respectera un processus de production limitant les risques écologiques. Buenos Aires et Montevideo ont été incapables, jusqu'à présent, de résoudre cette crise.
Le gouvernement de Madrid était déjà intervenu dans cette affaire en demandant au fabricant espagnol Ence de ne pas installer son usine à Fray Bentos. L'intervention du roi d'Espagne, personnalité très respectée dans les deux pays, devrait permettre de sortir de cette crise diplomatique.
Laurence RIZET. (www.lepetitjournal.com) 6 novembre 2006 |