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POLITIQUE - Berlin, sexy, mais bien seule Suggérer par mail
mercredi 01 novembre 2006

Alors que la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe a refusé dans sa décision du 19 octobre dernier d’autoriser le financement du déficit de Berlin par l’Etat fédéral, la coalition de gauche SPD-PDS réélue récemment à la mairie s’interroge : comment parvenir à mener sa politique malgré le sentiment d’abandon ?

"Berlin, pauvre mais sexy". Klaus Wowereit, maire SPD de Berlin (Photo Wikipedia)

"Berlin, pauvre mais sexy". Le slogan de Klaus Wowereit, maire SPD de Berlin réélu confortablement en 2006, sonne à présent comme un défi. Moins de deux semaines après la décision de Karlsruhe de ne pas autoriser le financement des 61 milliards d’euros de dettes de la capitale par l’Etat fédéral, les négociations au sein de la coalition s’enlisent : la ville pourra-t-elle maintenir son programme et notamment sa promesse d’instaurer la gratuité des jardins d’enfants (kitas) en 2007 si elle doit réaliser des économies drastiques?
Le maire a d'ores et déjà annoncé qu’il refusait de suivre les conseils de la Cour Constitutionnelle invitant le gouvernement de Berlin à fusionner ses trois universités, à instaurer des droits universitaires (Studiengebühren) ou encore à fermer l’un de ses trois opéras. "Les juges ont estimé que Berlin n’était pas si pauvre, je vais veiller à ce qu’elle reste sexy", avait-il déclaré au Spiegel le 23 octobre dernier.

Berlin, un "village gaulois"
Tant d’optimisme ne cache cependant pas la réalité. Berlin sans aide fédérale est au bord de la faillite. 17% de sa population vit du programme Hartz IV qui organise l’indemnisation des chômeurs de longue durée. La compagnie de transports berlinois (BVG) coûte à la ville plus de 583 millions d’euros chaque année.
Les défenseurs de la capitale invoquent la dureté de la Cour
Constitutionnelle au regard de l’histoire particulière de la ville. Berlin doit en effet assumer un héritage coûteux : la ville, vitrine de deux systèmes antagoniques et concurrents pendant plusieurs décennies, a tout en double. Wowereit estime que "Berlin est une fois de plus laissée à elle-même" et rappelle que l’impression d’isolement et d’abandon est bien connue des Berlinois.
Quant à Klaus Lederer, président du parti de coalition Linkspartei.PDS à Berlin, il compare la ville à un "village gaulois" en référence à la célèbre bande dessinée. Astérix et Obélix, les deux partis de coalition, encerclés par les riches Romains, seraient "seuls, mais libres".

Cécile Boutelet. (www.lepetitjournal.com). Jeudi 2 novembre 2006.


 
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