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Ricardo
Adrian, directeur financier, a émigré en France à 5 ans, puis est
revenu au Chili pour ses 20 ans. A 33 ans il a passé à peine plus de
temps au Chili que dans le pays où il appris à compter. Afin de jeter
un pont entre ses deux cultures, il cherche aujourd'hui un emploi dans
une entreprise française
Ricardo est parti à l'âge de 5 ans vivre à Paris, jusqu'à son Deug d'économie à Paris-Dauphine. Inutile de dire qu'il parle un français impeccable. Il ne butera que sur un mot la traduction, bien difficile, il est vrai, de "agradecido" pour expliquer qu'il doit beaucoup à la France dans son parcours. C'est en 1981, alors que la dictature est déjà bien installée, que la crise économique frappe de plein fouet son père entrepreneur du bâtiment, sympathisant socialiste et lâché par les banques. La famille part alors tenter sa chance à Paris et s'installe place des Fêtes dans le XIXe arrondissement.
Tandis que sa sœur et lui s'intègrent rapidement à l'école du quartier, avec l'aisance propre à cet âge, leur père s'insère professionnellement grâce d'abord à son réseau chilien, puis se fait embaucher par une grosse entreprise du bâtiment. La maman elle donne naissance à un petit frère puis fait des études d'esthéticienne.
Ensuite, ce sera le lycée à Pontoise et les jolis souvenirs de jeunesse: "Nous avions conscience d'avoir plus de chance que nos petits copains chiliens exilés, qui eux vivaient plutôt dans des HLM ou des cités", raconte Ricardo.
Il a 20 ans, quand, en 1993, ses parents décident de rentrer au Chili: "Mon père avait gardé un goût amer de son exil forcé" se souvient-il. Il lui propose de rester pour poursuivre ses études: "J'ai hésité, mais mon côté chilien a pris le dessus. Je n'ai pas voulu être loin de ma famille et puis surtout j'ai vite calculé que le Chili, en pleine croissance m'offrirait certainement plus d'opportunités".
Retour au Chili
Tout le monde "rentre", façon de parler pour Ricardo, qui dit s'être senti au début complètement étranger dans son propre pays, qu'il avait quitté avant de savoir lire: "Heureusement que mes parents n'avaient jamais cessé de me parler espagnol! ", comment t-il.
En quelques "asados" bien arrosés, il se crée un réseau de copains. Il devient expert-comptable, puis ingénieur commercial. À la sortie de ses études, il est embauché comme sous-directeur financier d'une grosse entreprise britannique, puis directeur financier d'un groupe allemand. "Pour moi, j'ai fait le bon choix mais pour mes parents ça été dur, ils n'ont jamais vraiment réussi à se réinsérer ici. Aujourd'hui, c'est moi qui les aide, très volontiers, d'ailleurs", résume t-il.
Heureux dans son bureau au 19e étage de la rue Huerfano, "vue imprenable sur Santiago et sa forêt de grues", ironise t-il, il aimerait bien changer, pour travailler dans une entreprise liée à la France. Sophie Rouchon (www.lepetitjournal.com Santiago) vendredi 3 novembre
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