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ROMAN - Derrière le fait-divers |
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| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 05-05-2005 23:00
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L’Anglaise Minette Walters fait de nouveau preuve d’une stupéfiante maîtrise. Roman policier social et psychologique, La disparue de Colliton Park, mêle, 30 ans après, deux affaires criminelles déroulées dans le Dorset
Un polar foisonnant et palpitant sur les bas-fonds de l’Angleterre des années 70.
Les cadavres ne sont pas nombreux dans le dixième roman de Minette Walters. À part le meurtre sauvage de Grace Jefferies, une mamy assassinée en 1970 dans le Dorset, ni la violence, ni la brutalité ne servent à entretenir le suspense. Celui-ci tient d'ailleurs plus à la résolution de deux énigmes qui s’entrecroisent qu’à une véritable angoisse : est-ce bien son petit-fils un peu autiste qui a tué Grace ? Et où a disparu quelques jours plus tôt Cill Trevelyan, alors âgée de 13 ans ?
Trente ans plus tard, un anthropologue spécialiste des erreurs judiciaires décide de reprendre l’enquête, secondé par une conseillère municipale. Ensemble, et malgré un antagonisme initial, ils vont s’attacher à redessiner les milieux familiaux de tous les protagonistes de l’époque. Refusant en effet de croire aux coïncidences, ils considèrent que deux drames d’une telle envergure, qui se sont déroulés à peu près en même temps, ne peuvent pas être le seul fruit du hasard.
Voilà pour l’intrigue de La disparue de Colliton Park.
Splendide étude de caractères
Si la résolution des deux affaires criminelles tient le lecteur en haleine, la qualité du roman tient aussi à l’incroyable talent de portraitiste que possède Minette Walters. Chacun de ses personnages est travaillé jusqu’à la moelle et traqué jusqu’à ses minuscules défauts dont l’origine remonte bien souvent à l’enfance. Autant du côté des suspects que des enquêteurs, leur parcours identitaire permet de comprendre pourquoi chacun se trouve à sa place en ce moment précis.
En plus de la riche étude de caractères, Minette Walters joue aussi de tous les registres d’écriture, en rythmant son récit de narration pure, d’échanges de mails, d’extraits d’études universitaires ou d’archives de presse. En mélangeant les genres et les points de vue, elle construit un polar foisonnant et palpitant sur les bas-fonds de l’Angleterre des années 70. Et en saupoudrant d’humour nonchalant le désespoir et la pauvreté qui hantent ses pages, elle fait de La disparue de Colliton Park un véritable plaisir de lecture.
Delphine MINNE. (LPJ) 9 mai 2005
La disparue de Colliton Park, Minette Walters, traduit de l’anglais par Odile Demange, Robert Laffont, 435p, 22€
http://www.minettewalters.co.uk/
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