Selon l’Institut national des statistiques, d’ici
10 ans, la population de la Roumanie devrait passer de 20 millions
d’habitants à seulement 16 millions d’habitants. Ces préoccupations
démographiques sont étroitement liées à l’émancipation feminine, comme
l’explique Minedora Cliveti, présidente de la Commission parlementaire pour l’égalite des chances
Faciliter la vie des femmes qui travaillent, un moyen de redresser la courbe de la natalité (Photo : F.M.)
Sous Ceausescu, la politique nataliste établie en 1966 poussait les Roumaines à faire au moins 4 enfants. Aujourd’hui, la Roumanie essaie de concilier ses objectifs démographiques avec les aspirations de ses concitoyennes grâce à un cadre législatif adapté.
Dès la naissance de son enfant, une mère a le droit de prendre 126 jours de congé maternité payés 80% du salaire. Elle a aussi la possibilité de bénéficier d’un congé parental de deux ans, équivalant à 200 euros par mois, malheureusement sans qu'on ne tienne compte de son salaire de référence... “Depuis la fin du régime communiste, l’influence de l’Ouest a été plutôt bonne, explique Minedora Cliveti, présidente de la Commission parlementaire pour l’égalite des chances. Depuis 2002, le pays dispose enfin d’une loi sur l’égalite des chances entre les sexes. Avec l’ouverture des frontières, l’accès aux medias, les jeunes filles ont découvert d’autres façons de vivre. En ville, la nouvelle génération estime que jusqu’à 30-35 ans il vaut mieux construire une carrière et gagner de l’argent.”
Changer les mentalités
Cependant, le partage du congé parental n’est pas pratiqué, seuls 10% des hommes en profitent, ce qui trop souvent oblige les femmes à quitter leur travail pour garder seules leurs enfants. D’autre part, les crêches n’existent pas. “J’ai proposé au parlement un projet de loi qui aurait permis aux entreprises de déduire de leurs impôts la construction de crêches, confie Mme Cliveti. Il n’a pas été accepté.”
Selon elle, le problème est d’abord de faire changer les mentalités, celle des régions rurales, où la première attribution d’une femme reste la famille, mais aussi celle des hommes et des générations plus âgées. “Lorsqu’on aborde la question de la chute de la natalité, il n’est pas rare de voir pointer du doigt l’irresponsabilité des femmes roumaines, soutient Minodora Cliveti. Je m’emploie à rappeler qu’une femme doit aussi se réaliser en tant qu’être humain.”
Dans la magistrature, si on compte environ 50% de femmes, il est très rare de touver une présidente à la tête d’un département de justice. Et au sein du parlement, moins de 11% des députés sont de sexe féminin.
Florence Mottot (www.lepetitjournal.com) 30 octobre 2006