| Ecrit par Betty RUBY,
le 26-10-2006 23:00
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22 ans après l’assassinat du petit Grégory, France 3 diffuse en trois prime time d’affilée, un téléfilm de 6 heures. Au croisement du documentaire et de la fiction, L’affaire Villemin devrait réhabiliter médiatiquement Christine, la maman déjà blanchie par la justice. Et peut-être aussi ouvrir de nouvelles pistes...
Armelle Deutsch et Francis Renaud incarnent les parents Villemin, ici à l’enterrement de Grégory (Photo : Studio International)
Il a fallu six mois d’écriture et 34 jours de tournage pour que Raoul Peck et Pascal Bonitzer bouclent L’affaire Villemin. Au final, leur téléfilm de six heures sera diffusé en trois volets demain, dimanche et lundi, à 20h50, sur France 3. Le coup est énorme, à l’image du fait-divers de la Vologne qui divise la France depuis le 16 octobre 1984, quand Grégory Villemin, âgé de quatre ans, a été retrouvé pieds et poings liés dans la rivière. 22 ans plus tard, seules deux certitudes subsistent : Jean-Marie Villemin, le père de Grégory a abattu Bernard Laroche qu’il tenait pour l’assassin de son fils ; Christine Villemin, un temps soupçonnée d’infanticide, a été totalement blanchie par la justice qui lui a même versé d’importantes indemnités pour graves dysfonctionnements. Sur la mort de Grégory en revanche, la lumière n’a toujours pas été faite et l’affaire sera prescrite dans cinq ans. Retrouver la mémoire d'une époque C’est d’ailleurs pour ça que Christine et Jean-Marie Villemin ont donné leur accord et apporté leur aide aux réalisateurs. Pour montrer comment, alors qu’ils n’avaient que 24 et 26 ans, justice et médias se sont acharnés contre eux. Le scénario est construit à partir des actes de la procédure judiciaire, du livre Le 16 octobre, aujourd’hui épuisé, des époux Villemin et du Bûcher des innocents, l’enquête de Laurence Lacour, correspondante d’Europe 1 pendant les faits, qui, observant la dérive que prenait l’affaire, avait démissionné. C’est parce qu’ils avaient entendu dire qu’une chaîne privée préparait un docu-fiction sur leur histoire, ce qu’ils redoutaient, que les époux Villemin ont donné leur aval à Raoul Peck et Pascal Bonitzer, connus pour leur sérieux. La famille Laroche, elle, apprécie moins : elle a demandé à voir le film avant diffusion, mais a été déboutée car "un pré-visionnage serait contraire à la liberté d'expression et constituerait une ingérence dans la liberté de création", a estimé la justice.
Un pari osé
Hier, Muriel Bolle, dont le témoignage avait abouti à l’arrestation de Bernard Laroche, son beau-frère, avant qu’elle ne se rétracte, a décidé de faire rouvrir le dossier au prétexte d’éléments apparus en 1993… Traiter artistiquement d’un fait-divers non résolu et dont les protagonistes sont toujours en vie est un pari osé dont la finalité est aussi de faire rebondir les mémoires. En attendant, le couple Villemin est ressorti bouleversé du visionnage de leur histoire. Dans une passionnante interview parue mercredi dans La Croix, Christine Villemin explique : "Ce que nous avons ressenti en le voyant, c'est combien nous étions jeunes, seuls, et pourquoi la France me regardait comme un monstre". Delphine MINNE. (www.lepetitjournal.com) 27 octobre 2006
L’affaire Villemin, de Raoul Peck et Pascal Bonitzer avec Armelle Deutsch et Francis Renaud Diffusion les 28, 29 et 30 octobre - à 20h50 sur France 3 - à 20h15 sur La Une de la RTBF en Belgique
Lire le témoignage du couple Villemin paru mercredi dans La Croix : Les parents de Grégory parlent
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