| Ecrit par BUDAPEST,
le 24-10-2006 23:00
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Après les échauffourées de lundi, Budapest a retrouvé un calme relatif, hier. Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany en a profité pour accuser l'opposition de droite d'être à l'origine des manifestations qui ont marqué le 50ème anniversaire de l'insurrection hongroise, suscitant une nouvelle polémique
(photo LPJ)
Conforté par la confiance renouvelée des Libéraux, le chef du gouvernement hongrois Ferenc Gyurcsany a fustigé à la tribune du parlement le "chef de l'opposition qui a fourni l'idéologie de ces émeutes", visant Viktor Orban, chef de file du Fidesz, la droite hongroise. "Ils ont joué avec le feu, mais ils ont mis le feu à la nation", a-t-il poursuivi, accusant l'opposition de ne pas avoir accepté sa défaite aux élections législatives d'avril dernier.
Le Fidesz, de son côté, a directement imputé la responsabilité de ces échauffourées au gouvernement. Un des ses porte-parole, Tamas Deutsch-Für, a dénoncé la "brutalité de la police" contre "des manifestants paisibles, des retraités, des jeunes adolescents et d'inoffensifs pères et mères de famille". Une partie des manifestants étaient pourtant issus de mouvances d’extrême droite, connues pour leur comportement violent.
Les affrontements de lundi ont fait 167 blessés, dont un député du Fidesz et 17 policiers. La police a annoncé avoir procédé à 131 interpellations. La mairie de Budapest a évalué mardi les dégâts à 800.000 euros.
Suite et fin ?
Hier, les abords du parlement de Budapest, où se réunissent depuis le 17 septembre les protestataires de droite et d'extrême droite réclamer la démission du Premier ministre socialiste restaient sous surveillance policière. "Nous sommes préparés à de nouvelles violences et nous pouvons garantir le respect de la loi et de l'ordre", a déclaré le porte-parole de la police nationale, Tibor Jarmy, à l'AFP.
"Le gouvernement peut rester au pouvoir mais les émeutes entament sa crédibilité. Il faudra une politique et des ministres très convaincants pour que M. Gyurcsany reste au pouvoir", a estimé l’ancien le politologue Peter Balazs.
L'ancien Premier ministre Viktor Orban avait organisé une manifestation à laquelle se sont rendues plus de 100.000 personnes. Il a parallèlement annoncé qu'il comptait organiser une série de référendums. "Il n'y a aucun doute que ces référendums sont un cheval de Troie dont le seul but est d'ouvrir la voie à une prise 'démocratique' du pouvoir", pouvait-on lire hier dans le quotidien Magyar Hirlap.
Cécile Vrain (www.lepetitjournal.com – Budapest) mercredi 25 octobre 2006 Précision : Le Premier ministre, Ferenc Gyurcsany, s'est finalement rendu à la place des Héros, lundi soir, pour inaugurer un monument à la mémoire des événements de 56. Le président, pour des raisons de sécurité, avait cependant décidé de ne pas s’y rendre et les représentants des délégations étrangères, en raison de l'heure (20h) étaient déjà partis.
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