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PORTRAIT - Imre Nagy, héros et martyr de 1956 |
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| Ecrit par BUDAPEST,
le 23-10-2006 23:01
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Imre Nagy, héros tragique du soulèvement de 1956, voulait seulement réformer et démocratiser le communisme mais a signé son arrêt de mort en proclamant l'indépendance de la Hongrie vis à vis de l'URSS.
Face au parlement, le monument dédié à Imre Nagy (photoLPJ)
Rappelé au pouvoir sous la pression de la rue, le 24 octobre 56, il promet à la radio "une large démocratisation de la vie publique hongroise et la réalisation d'une voie hongroise vers le socialisme". Mais il franchit la ligne rouge le surlendemain en annonçant le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie et sa neutralité, et en appelant à l'arbitrage de l'Onu. Le 4 novembre, l'Armée rouge écrase le mouvement sur l'ordre de Khrouchtchev, alors qu'il lance un dernier appel désespéré à la communauté internationale.
Contraint de se réfugier à l'ambassade de Yougoslavie, ce communiste de la première heure est finalement arrêté et déporté en Roumanie. Il est pendu le 16 juin 1958 à Budapest à l'issue d'un procès secret. Devenue le symbole tabou de la Révolution de 1956, l'existence d'Imre Nagy est passée sous silence pendant plus de 30 ans jusqu'à ses funérailles officielles en juin 1989, quelques semaines avant la chute du Rideau de fer.
Une vie dédiée au communisme
Imre Nagy est né le 7 juin 1896 dans une famille de paysans pauvres de Kaposvar, à 130 km au sud-ouest de Budapest, et travaille d'abord comme ouvrier métallurgiste. Fait prisonnier lui aussi par les troupes du tsar pendant la Première Guerre mondiale, il s'évade en 1917, rejoint le parti bolchevik et participe au sein des Gardes rouges à la révolution d'Octobre. Il revient en Hongrie, collabore à l'éphémère gouvernement des soviets de Béla Kun en 1919 avant de plonger dans la clandestinité. Arrêté en 1927, il s'enfuit deux ans plus tard en URSS, dont il acquiert la citoyenneté. Revenu à Budapest avec l'Armée rouge en 1944 et nommé ministre de l'Agriculture en 1945, Imre Nagy met en place la réforme agraire.
Opposé à Rakosi pour ses vues modérées, il revient après la mort de Staline en 1953, au gouvernement. Durant deux ans, il assouplit le contrôle de l'Etat sur les médias, libère des prisonniers politiques et engage une libéralisation de l'économie. A nouveau destitué le 18 avril 1955 dans un nouveau raidissement de Moscou, il est déchu du bureau politique et même exclu du Parti.
(www.lepetitjournal.com – Budapest) mardi 24 octobre 2006
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