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EXPO - La révolution hongroise vue de Vienne |
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| Ecrit par BUDAPEST,
le 24-10-2006 23:00
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"Budapest 1956 : la Révolution hongroise" est le thème d'une exposition qui se déroule actuellement à Vienne. En quelque 200 clichés du célèbre photographe autrichien Erich Lessing, elle retrace l'avant, le pendant et la suite de la révolution de 56
(photo Leopold Museum)
Ouverte la semaine dernière, au Leopold Museum, ce retour sur l'insurrection qui a éclaté le 23 octobre 1956 est basé sur les photos de presse en noir et blanc, et numérisés à partir des négatifs d'origine, d'Erich Lessing. Ce grand nom du photo-journalisme travaillait pour l'agence internationale Magnum, avec des magazines comme Life et Paris Match.
"En 1956 je sentais qu'il allait se passer quelque chose à l'Est et j'ai alors proposé des reportages à Life sur la RDA, la Tchécoslovaquie, la Pologne et la Hongrie." Cela lui permettra le 23 octobre 1956 d'obtenir un laisser passer à la frontière austro-hongroise fermée par les Soviétiques.
Il assure alors plus de 15 jours de reportage au coeur même du soulèvement "marqué par une désorganisation totale" et par le contraste entre l'agitation de la capitale et le calme relatif dans la campagne, contraste que l'on peut aussi voir sur les photos dans le livre publié à cette occasion .
Une série de photos qui ont marqué leur époque
Dans la salle du conseil communal de Györ, à l'ouest de Budapest il fixe sur sa pellicule trois "révolutionnaires" montés sur une échelle pour décrocher prudemment un portrait de Lénine sous un plafonnier baroque.
Prochaine image : les ouvrages d'une librairie soviétique du centre de Budapest se consument dans un autodafé. Sur la suivante, seules les bottes géantes en bronze de la statue de Staline démantelée restent sur le socle après l'assaut des manifestants qui, plus loin, s'acharnent sur la carcasse de ce symbole de leur oppression.
La séquence se poursuit avec une foule agitant des drapeaux tricolores troués au milieu: ils en avaient découpé le sigle du marteau et de la faucille imposé par Moscou. Ces drapeaux troués sont redevenus un symbole dans la Hongrie démocratique d'après 1989.
Les révolutions se font aussi dans le sang
Mais Erich Lessing a aussi voulu montrer les "côtés moins beaux" de la révolution : des corps de collaborateurs du régime prosoviétique et de membres de leurs familles exécutés par les révolutionnaires que l'on voit alignés devant le quartier général des travailleurs. Un homme lynché est accroché par les pieds à un arbre.
Pour ceux restés en Hongrie, la répression soviétique, particulièrement violente et meurtrière, a ensuite fait place à la misère illustrée par une photo de Lessing d'une longue file d'attente pour du pain, indifférente au corps d'un soldat soviétique recouvert de chaux dans le caniveau.
Toutefois la vie reprend son court, comme en témoigne la photo d'un couple de mariés sortant entouré de la famille d'une église au milieu de bâtiments en ruines.
"Pour moi il n'y aura toujours qu'une révolution, celle de 1956", souligne enfin Erich Lessing. Sans ce prélude je ne suis pas sûr que le Mur (de Berlin) aurait pu tomber".
(www.lepetitjournal.com – Budapest) Mercredi 25 octobre 2006
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