| Ecrit par BUDAPEST,
le 01-11-2006 23:00
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La société Franz Liszt du Burgenland créée en 2003 pour honorer la mémoire du compositeur, a décidé de construire une salle de concerts au cœur de la bourgade où il vit le jour, le 22 cctobre 1811.
(photo : http://www.aeiou.at)
C’est maintenant chose faite, elle a été inaugurée le 15 octobre. Elle se trouve en face de la maison natale de Liszt, devenue musée, à Raiding (Doborján en hongrois), sur les terres des princes Eszterhazy. Avec ses 600 places, elle se trouve au centre d’un bâtiment très fonctionnel. Le grand piano de concert, un Steinway, a été choisi par le pianiste français Pierre-Laurent Aimard. C’est aussi pour le visiteur l’occasion de se plonger dans des quantités de documents, d’approfondir la généalogie du compositeur ou de faire connaisance avec les femmes que ce grand séducteur a côtoyées. On y trouve aussi son piano Erard de concert et les vieilles orgues de l’église de Raiding dont il a joué. Un festival Liszt a été créé à cette occasion et la première édition “Liszten in Raiding” 2006 a été ouverte le 15 octobre. Il se propose de mettre la musique pour piano et la musique de chambre de Liszt, mais aussi celle de ses contemporains, au cœur des programmes et d’inviter les plus grands interprètes.
Une grande virtuosité
Jusqu’au 22 octobre le pianiste Oleg Maisenberg, le violoncelliste Mischa Maisky, la mezzo-soprano Angelika Kirchschlager entre autres, ont servi la gloire d’un des plus grands compositeurs. Cette inauguration coïncide avec une double célébration, le cent-quatre-vingt-quinzième anniversaire de sa naissance et le cent-vingtième de sa mort, le 31 juillet 1886 à Bayreuth. Liszt passa les derniers moments de son existence dans cette ville du nord de la Bavière où résidait sa fille Cosima, née de sa liaison avec Marie d’Agoult. Comment acquiert-on une telle renommée à partir d’un petit village perdu au cœur de l’Europe centrale? Le père de Liszt était un musicien amateur de bon niveau qui avait connu personnellement Haydn, lui aussi natif de la région et également au service des Eszterhazy. Le jeune Franz révéla très tôt ses dons exceptionnels pour le piano, donnant des concerts à Sopron ou Bratislava, pour des magnats hongrois qui l’aidèrent dans ses études. Il les poursuit d’abord à Vienne chez un élève de Beethoven puis au Conservatoire de Paris. Il entreprit très vite une grande carrière européenne et devint maître de chapelle à la cour de Weimar. Puis il partagea sa vie entre Rome, Budapest et l’Allemagne, anobli par l’empereur François-Joseph. D’une nature extrêmement généreuse, il soutint financièrement Richard Wagner qui devait devenir son gendre, organisa à Weimar la première de Lohengrin et celle de Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns. Il aida beaucoup évidemment la Hongrie qui lui voue une vive admiration et une grande reconnaissance.
Colette Dehalle (www.lepetitjournal.com – Budapest) Jeudi 2 novembre 2006
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