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CINEMA - Dans l’Himalaya comme si on y était |
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| Ecrit par BUDAPEST,
le 31-10-2006 22:00
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Récemment, un film du Hongrois Tibor Szemzö était projeté sur deux écrans de Budapest. Il a été inspiré par un personnage assez extraordinaire même si l’on n’en parle pas souvent, Alexander Csoma de Körös.
Az élet vendége, Csoma legendarium (A guest of life) qui a eu une mention spéciale lors de la 59e édition du Festival de Locarno en août dernier, est un film splendide. Il nous emmène dans l’Himalaya sur les pas d’un voyageur fort original. Tibor Szemzö dont c’est le premier long métrage, a étudié à l’Académie de Musique de Budapest. Compositeur et interprète, il a tourné plusieurs films et était donc tout désigné pour écrire la musique de celui-ci. László Sári, le scénariste, est diplômé de tibétain, spécialiste de la littérature de cette langue. Nos auteurs connaissent donc leur sujet et cela se voit. Le réalisateur confie d’ailleurs que la vie et le destin de Csoma ont occupé son esprit pendant de longues années. En 1999, il s’est rendu dans l’Himalaya, au monastère de Kanam où son héros a séjourné et écrit plusieurs ouvrages. Le film qui n’est pas une biographie mais plutôt une évocation, accorde une grande place à la musique, celle des instruments et des voix mais aussi des différentes langues que l’on entend au cours du périple. Les images, fort belles, sont comme patinées, elles nous donnent l’impression d’une époque lointaine et sont entrecoupées de délicieuses séquences d’animation. Itinéraire d’un Hongrois vers Lhassa Körösi Csoma Sándor est né à Körös en Transylvanie le 4 avril 1784 et fait ses études à Nagyenyed, l'actuelle Aiud roumaine. Connaissant déjà le latin, le grec, l’hébreu, l’allemand, le français, le roumain et sans doute le turc, il parfait ses connaissances orientales à Göttingen, ajoutant l’arabe et le persan à son patrimoine linguistique. Très jeune il avait souhaité voyager en Asie pour trouver l’origine des Hongrois. Il s’embarque donc le 23 décembre 1819, effectuant à pied la partie terrestre de son voyage, Bucarest, Sofia, Alexandrie, Alep (où une plaque sur un mur du Bazar rappelle son passage), Bagdad, Téhéran, Boukhara, Kaboul. Il arrive plus tard aux Indes où il est initié au bouddhisme. Il s’installe dans un monastère à Kanam, dans les collines himalayennes entre 1827 et 1830 et rédige un dictionnaire tibétain-anglais et une grammaire tibétaine. En 1833 il fut nommé membre correspondant de l’Académie hongroise des Sciences. Puis il va à Calcutta pour étudier entre autres le sanscrit. Finalement, il part pour Lhassa mais n’y arrivera pas, ce pionnier de l’étude du bouddhisme et de connaissance de la culture tibétaine en occident, meurt en 1842 dans l’ Himalaya près de la frontière actuelle entre l’Inde et la Chine. Colette Dehalle (lepetitjournal.com – Budapest) Mercredi 1er novembre 2006
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