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CULTURE - Artistes en colère |
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lundi 23 octobre 2006 |
Les artistes européens se sont réunis la semaine dernière à Bruxelles, pour protester contre un projet de la Commission européenne qui mettrait en péril leurs sources de revenus. Plusieurs auteurs espagnols de renoms étaient présents
Les artistes européens sont à cran. Objet de leur colère : un projet de la Commission europénne visant à éliminer la redevance obligatoire sur la copie privée, une taxe actuellement en vigueur dans onze des vingt-cinq pays membres de l’Union Européenne. Cette mesure, selon eux, mettrait en péril les sources de revenus de nombreux artistes, déjà confrontés à une situation économique précaire.
Pour protester contre le projet de la Commission, plusieurs artistes européens se sont rendus à Bruxelles, mercredi dernier, afin d'annoncer la création d’un collectif, "l’Alliance Culture d’abord". Parmi eux, plusieurs Espagnols, qui ont décidé d’unir leur voix à la campagne de protestation lancée par la Sociedad General de Autores y Editores (SGAE) : l’actrice Pénélope Cruz et les chanteurs Victor Manuel et Paloma San Basilio. La SGAE, équivalent de la SACEM en France, s’oppose au projet de la Commission européenne et se bat pour le maintien de la redevance, reversée par les fabricants et les importateurs de supports vierges.
Dans une conférence de presse commune, Víctor Manuel et Paloma San Basilio, entourés entre autres du réalisateur français Bertrand Tavernier et des Belges Luc et Jean-Pierre Dardenne, ont fustigé les menaces qui pèsent sur les revenus des artistes. "Nous sommes très inquiets de l’attitude de la Communauté europénne, qui souhaite remettre en question la copie privée sans consulter personne, sans dialogue avec les auteurs", a regretté Bertrand Tavernier.
Sauver la diversité culturelle
Pedro Almodovar, retenu aux Etats-Unis pour la promotion de son dernier film, Volver, qui sortira en novembre prochain dans les salles américaines, a lui aussi donné de la voix. Le réalisateur expagnol a fait parvenir un communiqué dans lequel il demande à l’Union de protéger les droits des auteurs et de l’industrie culturelle, "étant donné que le secteur créatif ne traverse pas sa meilleure période". En précisant : "dans la plupart des pays européens, une partie des fonds issus de la copie privée est aussi utilisée pour financer des projets culturels. De tels projets contribuent à favoriser la diversité culturelle".
Le commissaire au Marché Intérieur, Charlie McGreevy, n’a pas souhaité répondre aux critiques qui lui étaient adressées. Il s’est contenté de signaler qu’il présenterait une proposition de texte d’ici quelques semaines.
Gaëlle PIALOT. (www.lepetitjournal.com) 24 octobre 2006
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