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La vie d'expatrié, pour beaucoup, c’est le rêve. Mais un autre son de cloche se fait aussi entendre, lorsqu'on supporte mal
le déracinement. Et le processus d'adaptation se fait alors dans la
douleur. Denise Andronicos, psychologue francophone, nous explique
Denise Andronicos, psychologue à Athènes (photo LPJ)
LPJ : Quelles sont, d’après vous, les principales difficultés que rencontrent les expatriés à leur arrivée en Grèce ?
Denise Andronicos : Les principales difficultés sont liées à des différences culturelles, notamment au comportement des gens, à l’éducation des jeunes ainsi qu’au rôle de la famille. LPJ : Est il difficile de s’adapter au quotidien d'une ville comme Athènes ?
D.A. : Le trafic est un casse-tête, la façon de conduire surprend et effraie bon nombre d’étrangers, la façon de trouver et de chercher une place de stationnement, les déplacements posent souvent des problèmes et représentent bien des frustrations au quotidien. Lire les plans de la ville est un bon exercice de déchiffrage…
LPJ : En entreprise, les différentes façon de travailler sont elles sources de conflit ?
D.A. : Il n’y a pas de conflit en ce qui concerne les expatriés car les rôles et les statuts sont bien définis, en général. Par contre il y a des tensions dues à différentes façons de voir le travail, de vivre les relations hiérarchiques, d’exprimer les accords et les désaccords, d’organiser les groupes, de prendre des décisions.
LPJ : Recevez vous plus souvent des hommes ou des femmes en consultation ?
D.A. : Je reçois principalement des femmes. Les hommes étant soutenus et pris dans et par leur profession. Par ailleurs les femmes se retrouvent facilement à la maison confrontées à la problématique de leurs enfants, surtout lorsqu’ils sont très jeunes. Elles ont plus de temps pour se poser des questions et bien souvent sans beaucoup de soutien. LPJ : Quels conseils donnez-vous aux femmes qui ont suivi leur conjoint, quitté un travail et supportent mal cette situation ?
D.A. : Je leur conseille de vivre pleinement d’une autre façon, d’apprécier leur temps libre en l’utilisant pour elles. Je leur propose de faire un inventaire de leurs rêves et voir lesquels seraient réalisables. LPJ : Comment l’enfant vit-il l’expatriation de ses parents ?
D.A. : S’ils arrivent tôt avant la rentrée, les enfants vivent l’expatriation assez mal Mais, dès qu’ils peuvent aller à l’école , pour eux tout va très vite s’arranger. Plus vite que pour les adultes d'ailleurs. Le système des fêtes, en Grèce, y est sûrement aussi pour quelque chose quant à leur intégration. LPJ : Comment détecter un mal être chez un enfant ? Et comment réagir ?
D.A. : L’enfant dort mal, travaille mal en classe, n’arrive pas à se concentrer. Parfois on observe un mélange entre repli sur soi et irritabilité, passivité et excitation. Si les parents ont l’impression que leur enfant communique mal avec eux, ils peuvent essayer de passer plus de temps à l’heure du coucher et si malgré une attention soutenue, aucune amélioration ne se manifeste, il est préférable de consulter un psychologue.
LPJ : L’éducation dispensée aux enfants grecs est elle la même qu’en France ?
D.A. : Non, l’éducation dispensée aux enfants grecs n’est pas la même qu’en France. Elle est très différente. Il y a ici un peu le jeu de l’enfant-Roi à qui tout est permis. D’autre part, les horaires du coucher sont hors normes par rapport à la France, et peut-être que souvent certains enfants manquent de sommeil. L’éducation scolaire est parfois très scolastique et au détriment de la réflexion personnelle.
Propos recueillis par D. MILLET PRIFTI (www.lepetitjournal.com – Athènes) 30 octobre 2006
Denise ANDRONICOS est psychologue à Athènes - Consultations sur rendez-vous : 210- 8961756 et via www.allopsy.net.
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