Dans la peau de Jacques Chirac retrace 40 ans de parcours politique et personnel du Président, racontés à la première personne via la voix off de l'imitateur Didier Gustin. Interview avec Michel Royer, co-réalisateur (avec Karl Zéro) de ce film drôle et acerbe, actuellement dans les salles espagnoles
Affiche du docu fiction
Lepetitjournal.com : Comment est né ce projet de docu-fiction ?
Michel Royer : Je travaille dans les archives de la télévision, et j’avais déjà réalisé un sujet sur Jacques Chirac et le chômage pour le Vrai Journal de Karl Zéro sur Canal+ . C’était sur la manie que le Président a de toujours répéter que "ça ira mieux demain", en dépit des chiffres et de la mauvaise conjoncture. Avec Karl Zéro, nous nous sommes rendus compte que la personne de Jacques Chirac pouvait donner quelque chose d’intéressant d’un point de vue "spectaculaire". Et nous avions beaucoup de matière sur lui. Lorsque le film de Michael Moore sur Georges Bush est sorti, Karl s’est réveillé, il s’est dit qu’il fallait faire ce film. Puis nous avons rencontré le producteur de La marche de l’empereur, Bonnepioche, qui a cru en notre projet.
LPJ : Comment avez-vous procédé dans le choix des archives ? Il y a-t-il des choses que vous avez du écarter ?
M.R : Beaucoup de choses, oui. D’abord parce qu’il a fallu faire des choix, parmi des milliers d’heures d’archives. Il y des moments forts que nous avons absolument tenus à mettre dans le film, comme la scène où il marche avec les béquilles. Cette image nous a semblé extraordinaire. D’autre part, il fallait que chaque image fasse partie du puzzle du portrait que nous voulions faire de Chirac.
LPJ : Jacques Chirac est un personnage public de premier plan. Avez-vous dû vous soumettre à une certaine forme d’autocensure pour ce film ?
M.R : Nous nous sommes fixés quelques règles. D’abord, ne pas être trop loin de la réalité. Pour cela, nous avons travaillé avec Eric Zemmour, qui a écrit plusieurs livres sur Jacques Chirac. Nous avions aussi des limites par rapport au risque de diffamation. Des avocats ont regardé le film en nous faisant de la correction de copie pour éviter des ennuis judiciaires.
LPJ : Quelles ont été les réactions autour de vous ?
M.R : Des réactions d’affolement au début. Spontanément, des responsables, des producteurs nous ont mis en garde, et craignaient la réaction de l’Elysée. Les chaînes de télévision étaient aussi très réticentes. C’était comme si, en France, jusqu’à ce film, on ne pouvait pas s’attaquer à la personne du président en exercice.
LPJ : Est-ce que ce film a changé la vision que vous aviez du président ?
M.R : Bien entendu. Il nous paraît encore plus sympathique qu’avant. On a fini par s’attacher à ce personnage roublard, très français, qui s’en sort toujours. Nous étions aussi motivés par l’envie de "se faire le président", de parler franchement de son cynisme, de sa façon de se contredire qui est très frappante chez lui. Maintenant, je me dis qu’il est trop fort, plus fort que je le pensais.
LPJ : Quelles sont prochaines cibles ?
M.R : Avec Karl, nous travaillons actuellement sur des archives de Sarkozy et de Ségolène Royal. Nous réfléchissons à un nouveau film.
"Dans la peau de Jacques Chirac"
Un docu-fiction de Michel Royer et Karl Zero, sortie en France mai 2006 - 1h30
Sortie nationale en Espagne : vendredi 20 octobre 2006
www.danslapeaudejacqueschirac.com
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