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LE BILLET DE BLANCHE BAUDOUIN - Plus fort que celui de Zidane, le coup du Doubs |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 17-10-2006 22:00
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Pour se mettre dans la poche l’inspection du travail, un magasin Leclerc de Montbéliard invente le parquage salarial. Le concept réunit prise d’otages et gestion d’entreprise. Toujours open aux techniques révolutionnaires, Blanche applaudit
Qu’est-ce qu’on a ri avec cette campagne de pub. Souvenez-vous ! Sur des affiches en noir et blanc issues du militantisme soixante-huitard, on voyait par exemple une fille se faire embarquer par des flics. Avec juste une petite flèche en couleur, pour dire que sa culotte coton coûtait 4€15. Ou encore ces syndicalistes poings levés avec une autre flèche pour annoncer le prix du déodorant… "La lutte aujourd’hui, expliquait l’enseigne Leclerc, c’est le pouvoir d’achat". Gigantesque aménagement de l’histoire. Mais la notion de subversion, dans un Leclerc de Montbéliard, va encore plus loin. Que je vous raconte : ça se passe le 30 juin dernier. La direction de la grande surface demande à une soixantaine de ses employés de venir faire un inventaire nocturne, ce qui, en plein Mondial, n’est pas très courtois. Mais voilà que se pointent inopinément des policiers et des inspecteurs du travail manifestement pas fans de foot. Prise de panique parce qu’elle ne comptait pas les payer, la direction invite ses salariés à rejoindre fissa une réserve pour se taire et s’y terrer. Toutes lumières éteintes et porte cadenassée, les parqués ne peuvent pas parier sur les équipes ni même suivre les matchs en cours car il leur est interdit de discuter ou de téléphoner. Sous peine de se faire licencier, ce qui peut ficher la trouille. Mauvaise communication Au bout d’une demi-heure, les forces de l’ordre déguerpissent, mais finaudes, attendent dans un coin du parking. Bien joué ! Les séquestrés libérés sortent enfin par grappes. Le temps de se remettre du coup de boule de Zidane, le coup du Doubs ne sort dans la presse qu’en ce moment. Tout mouillé de chaud, le boss de Montbéliard s’en est excusé sur une antenne régionale de France 3 : "En ma qualité de PDG, je ne peux cautionner cet acte, je présente mes excuses auprès des salariés". Bah, faire effectuer à ses employés des heures supplémentaires impayées est pourtant un moyen d’augmenter le pouvoir d’achat des autres. Et puis les enfermer dans une courte obscurité silencieuse pouvait revêtir, une dimension joyeusement révolutionnaire. Encore eut-il fallu, j’en conviens, que ce soit bien amené. Et qu’une petite flèche de couleur indique le prix de l’ampoule. Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) 18 octobre 2006
http://www.e-leclerc.com/c2k/portail/decouvrir/corp_pachat_04.asp
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