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"L'Ivresse du pouvoir" fait faire bien des folies mais c'est surtout un bon film signé Claude Chabrol. Et ce dernier ne change pas une équipe qui gagne, Isabelle Huppert en tête
Jeanne Charmant Killman, juge d'instruction, est chargée de démêler et d'instruire une complexe affaire de détournements de fonds, mettant en cause le président d'un important groupe industriel. Au fil de l'avancé de son travail, elle comprend que son pouvoir s'accroît, alors que sa vie privée se fragilise... A moins d'avoir passé ces 15 dernières années hors de France et sans jamais ouvrir un journal, chacun reconnaîtra le personnage de cette juge obstinée et l'affaire (Elf) dont s'inspire le film "L'Ivresse du pouvoir". Mais peu importe, ce n'est visiblement pas l'intrigue qui préoccupe Claude Chabrol, d'ailleurs on s'y perd un peu, mais plutôt ses personnages. D'Isabelle Huppert, sa complice de toujours, il a fait une femme juge intelligente et obstinée, d'une froide sensualité ; il n'y a qu'à voir le nom de son personnage ! Chabrol s'est d'ailleurs beaucoup amusé avec les noms : il a aussi appelé un avocat nommé M. Parlebas.
Face à cette machine, Robin Renucci incarne le mari, médecin, hébété par l'acharnement de sa femme. François Berléand (le direceteur de la pension dans "Les Choristes") et Patrick Bruel (en voleur en col blanc) pour ne parler que d'eux, complètent ce casting impeccable.
Tout en nuance
Claude Chabrol qui a fait débuter son film par un "toute ressemblance..." ne nie pas que le spectateur puisse se laisser porter par des rapprochement éventuels, mais sans les chercher. Il ne porte aucun jugement sur cette affaire, ni sur ses personnages, sa critique porte de toute évidence sur le rapport de classe : "C'est le principe du 'petit chef', explique t-il, tout être est le petit chef de quelqu'un ! Ce qui m'intéressait dans la position du juge d'instruction, c'est que 'en théorie', il a tout pouvoir, alors qu'en réalité il n'a que le pouvoir qu'on lui donne".
La caricature ne fait heureusement pas partie de l'univers de Chabrol. Pour autant, Isabelle Huppert a interprété un personnage qui n'arrondit pas les angles, elle s'en explique : "Il y a toujours un petit fond de de méchanceté ou de dureté chez les héroïnes chabroliennes : il plonge un personnage féminin dans un univers hostile et la protagoniste agit comme une caisse de résonance du monde qui l'entoure".
On a vu des films de Chabrol à l'intrigue plus élaborée mais il n'empêche, le plaisir de voir de bons acteurs, dans une mise en scène parfaitement maîtrisée mérite largement le déplacement. Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com Santiago) 26 octobre 2006
La Comedia del poder (L'Ivresse du pouvoir) de Claude Chabrol (2006)
Sortie à Santiago, avec cinq copies, le 26 octobre 2006
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