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ESCAPADE - Le parc crétacé d’Isona |
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jeudi 28 septembre 2006 |
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"Vous avez dit… nosaures ?" demandent les petits plaisantins qui visitent le musée d’Isona. C’est en effet dans le bassin Dellà (province de Lleida), que l’on peut voir des empreintes de dinosaures en pleine nature et des œufs fossilisés in situ qui ont été pondus par les plus grands reptiles de l’ère secondaire
Empreintes de dinosaures à Isona (Pallars Jussà, province de Lleida)
Photo : Nelson Souto, www.nelsonsouto.com
Le "parc jurassique" catalan n’est pas un montage cinématographique et son authenticité fait l’unanimité. Pour se situer géologiquement, il faut commencer par visiter le musée de la Conca Dellà à Isona. Ce dernier se trouve tout près de l’église du village, dans une rue étroite entourée de maisons en pierre.
Au deuxième étage, les panneaux muraux rappellent que l’histoire de la terre est divisée en cinq grandes ères et qu’il y a 150 millions d’années, c’était l’ère secondaire : la période des derniers dinosaures. Le secondaire se divise à son tour en trois étapes géologiques : le trias marqué par trois phases de sédimentation, le jurassique durant lequel se déposèrent des couches calcaires dans le Jura, et le crétacé qui correspond à la formation de la craie. C’est précisément cette période qui a laissé des traces extraordinaires autour d’Isona.
La Catalogne de cette époque-là était évidemment toute autre. Il faut se l’imaginer sans les Pyrénées. Son sol était plat, la mer couvrait de grandes superficies et les dinosaures se promenaient tranquillement en laissant leurs empreintes sur un fond de sable mouillé. C’était longtemps avant les bouleversements géographiques du tertiaire et du quaternaire, qui allaient révolutionner le relief ibérique. La nature n’avait pas encore dessiné les courbes montagneuses destinées à engloutir le sable avec les empreintes des dinosaures, leurs os et leurs œufs.
Émotion garantie
Quelques traces de ce puzzle animalier s’étalent au grand jour devant des visiteurs ahuris et des paléontologues émus qui se chargent de déchiffrer les fossiles laissés dans les sédiments. Tout près d’Isona, on accède facilement à une petite surface grisâtre - pas plus grande qu’un potager - couverte d’empreintes que les scientifiques attribuent aux dinosaures, et que les curieux identifient sans grand effort d’imagination.
Par contre, quelques kilomètres plus loin, à Basturs, il faut faire appel aux yeux d’un expert pour localiser et discerner les coquilles d’œufs fossilisés incrustées dans un immense terrain rocheux. Vous pouvez y aller seuls, bien sûr, mais vous risquez de passer à côté des traces paléontologiques sans vous en rendre compte, car s’il ne faut pas de loupe pour les voir, une bonne connaissance du phénomène est nécessaire pour les reconnaître.
Avant de quitter ce lieu privilégié du Pallars Jussà, suivez la route jusqu’à la ravissante chapelle romane d’Abella de la Conca d’où l’on peut jouir d’une vue panoramique sur cet héritage naturel qui date du crétacé.
Isabelle BARBOT. (www.lepetitjournal.com – Barcelone) 29 septembre 2006
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