|
CINEMA - Un huis-clos sous les draps |
|
|
|
jeudi 13 juillet 2006 |
En la cama, du jeune cinéaste chilien Matias Bize, sort le 14 juillet sur les écrans espagnols. Un huis clos minimaliste et fascinant dans une chambre d’hôtel, déjà récompensé par de nombreuses distinctions dans des festivals internationaux
"Je m’intéresse plus aux petites histoires qu’aux grosses productions". Voilà comment le jeune réalisateur chilien Matias Bize résume, en quelques mots, l'esprit de son travail. En la cama, son dernier film, met en scène deux personnages, Bruno (Gonzalo Valenzuela) et Daniela (Blanca Lewin) dans un seul lieu : une chambre d’hôtel. Une histoire qui parait, à première vue, un peu trop simpliste donner envie d'aller au cinéma : comment, a priori, tenir une heure et demie plongé dans un huis clos que l’on penserait fait pour le théâtre ? Comment ne pas étouffer, dans un univers si fermé ?
Pourtant, l’angoisse de la claustrophobie et de l’ennui se dissipe à mesure que l’on entre dans le film. L’intimité de deux personnages, qui viennent tout juste de se connaitre dans un café, est vite brisée. Les draps se froissent, les corps se mêlent. Les images de Matia Bize sont sensuelles sans être trop explicites.
Songe d’une nuit
Le film, de fait, ne peut pas se limiter aux relations charnelles. Car une histoire si pauvre en espace scénique et en personnages se devait de proposer des dialogues captivants. Le scénariste Julio Rojas excelle en passant finement des conversations anodines aux relations hommes/femmes. A mesure que le dialogue s’ouvre, la vision de la chambre d’hôtel s’élargit. Des corps au lit, des vêtements jonchés sur le sol à la salle de bain, la caméra se faufile dans tous les recoins de la pièce.
Le résultat est à la hauteur des trois semaines de tournage effectuées dans la plus grande intimité. Comme dans Sabado, son premier film tourné en temps réel, le jeune scénariste chilien de 25 ans est resté minimaliste mais innovant. Et toujours avec aussi peu de moyen, ce qui n’a pas empêché à cette co-production chilienne et allemande d’être sélectionnée et de décrocher des prix dans plusieurs festivals internationaux (Valladolid, Habana, Viña del Mar, Sienna). A petite production, grand film : En la Cama peut en faire son dicton.
Patricia LALLO – (www.lepetitjournal.com – Barcelone) – 14 juillet 2006
|