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TELEVISION - Canal + voit clair dans le jeu de ses salariés |
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Bruno Gaccio a porté plainte hier contre X pour avoir été espionné par le service des moyens généraux de Canal+. Les témoignages se multiplient et le scandale fait rage, après la publication du livre de Pierre Martinet, ancien salarié de la chaîne et auteur des filatures
Bruno Gaccio, salarié gênant parmi le personnel de Canal ? (Photo : AFP)
Canal + n’est décidément plus la chaîne au ton léger et impertinent qu’elle était. Un scandale de taille éclabousse le canal crypté depuis la publication la semaine dernière du livre Un agent sort de l’ombre de Pierre Martinet, ancien salarié du groupe. Dans un ouvrage de près de 400 pages qui fait sensation, l’auteur, un agent secret à la retraite, raconte comment il a espionné les salariés de la chaîne.
Bruno Gaccio, l’auteur des Guignols de l'Info, fait partie du lot : il a porté plainte contre X hier pour avoir été suivi et écouté. Dans la même journée, la société des journalistes (SDJ) de Canal+ a également demandé des « explications » à la direction du groupe.
Filatures, écoutes et épluchage de facture téléphoniques : voilà les outrages qu’ont également subi d’autres employés, comme Michel Rocher, ex directeur technique du Studio Canal Image.
A l’origine de ces manœuvres plus que douteuses, deux hypothèses ressortent des témoignages du personnel, auxquels s’ajoute celui de Pierre Martinet.
Des dossiers pour les ressources humaines
D’un côté, la volonté de surveiller des salariés gênants en désaccord avec la direction, comme Bruno Gaccio. De l’autre, en accord avec les ressources humaines, celle de constituer des dossiers sur les employés pour, le cas échéant, faciliter les négociations de départ. Michel Rocher est l’une des victimes de cette pratique, qui lui a valu un licenciement en 2003 pour faute lourde.
Pierre Martinet, entré chez Canal plus en 2001, n’aurait fait que répondre aux ordres de Gilles Kaehlin, ancien des RG, actuellement à la tête du service des moyens généraux. Si l’on sait que ce dernier travaille main dans la main avec les ressources humaines, les preuves qui mettraient en cause la direction manquent pourtant. Bertrand Méheult, Pdg de Canal +, ne s’est pas exprimé sur la question. Alexandre Bompard, son directeur de cabinet a tout de même déclaré que ces pratiques remonteraient à 2002, et que la nouvelle direction, en place depuis 2003, « est totalement étrangère à ces agissements ». Pourtant, Gilles Kaehlin est toujours fidèle à son poste au sein du groupe… La direction devrait se voir obligée de répondre à la SDJ dans les jours à venir.
Le « Canalgate » promet donc d’être un vrai feuilleton à rebondissement, à suivre sur toutes les chaînes.
Julie SAMIT. (LPJ) 3 mai 2005
Lire aussi :
Le Monde, Un deuxième salarié de Canal plus se plaint d’avoir été espionné par les services de sécurité de la chaîne
Libération, Des barbouzeries décodées à Canal +
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