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ESCAPADE - Les douceurs d’Agramunt |
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jeudi 12 octobre 2006 |
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Samedi 14 et dimanche 15 octobre, Agramunt célèbre sa foire annuelle, destinée à mettre en valeur ses célèbres sucreries. Une savoureuse occasion pour découvrir la poésie visuelle des musées locaux
Agramunt est un petit bourg qui semble perdu au milieu de l’immense effondrement géographique de la comarque de l’Urgell. Vous en aurez d’ailleurs un bel aperçu depuis la tour du Pilar d’Almenara à quelques kilomètres du centre urbain.
La danse rituelle de l’aigle couronné (l’animal le plus emblématique du bestiaire catalan) inaugure les festivités. C’est le coup d’envoi d’une populaire foire aux artisans, qui rassemble des potiers, des vanniers et des sabotiers venus de loin pour y participer. Les étals du marché ambulant sont couverts de gourmandises telles que la coca de recatpe, une délicieuse langue de pain plus ou moins croustillante, surmontée d’un lit de légumes sur lequel reposent des sardines ou des saucisses.
Sous le grand chapiteau, on assiste à la préparation des "invités d’honneur". Ce sont les épaisses tablettes de chocolat baptisées "chocolat à la pierre", que l’on mange à la catalane, c’est-à-dire sur un morceau de pain imbibé d’huile d’olive et de pulpe de tomate. Mais le roi de la fête est sans conteste le turrón d’Agramunt, une sorte de nougat qui a ses lettres de noblesse. Cette friandise ronde comme une galette est un amalgame de fruits secs cimentés par un mélange de sucre, de miel et de blanc d’oeuf. Héritée des sucreries arabes, elle porte un label officiel pour en garantir l’origine et l’excellence (au moins 46% d’amandes ou de noisettes pour la catégorie extra, 60% pour la catégorie suprême).
Délices visuelles
L’effervescence gastronomique éclipse le temps d’un week-end les trois perles artistiques d’Agramunt : le porche roman de l’église de Ste Marie, "Lo Pardal" (la maison du poète Guillem Viladot) et l’Espace Guinovart installé dans un ancien marché couvert construit par l’architecte Domenech i Torres. Une pomme en fer (une allusion à la vocation fruitière de la région) indique l’entrée de "Lo Pardal" où le visiteur est invité à déchiffrer ce que Guillem Viladot appelaient ses "poésies-objets". C’est un puzzle intellectuel qui juxtapose des compositions surréalistes telles qu’une transfusion à un os… ou une jarretelle de soie fleurissant sur un bouquet métallique.
L’Espace Guinovart n’est pas moins insolite. Inspirées par les souvenirs d’enfance de Josep Guinovart qui a fui Barcelone pour se réfugier à Agramunt pendant la Guerre Civile, les mises en scène de l’artiste débordent de fantaisie en recréant les couleurs des saisons dans les champs et dans les bois. Devant l’Espace Guinovart, une vague en métal rouillé évoque une coulée de chocolat tandis qu’une balance pèse un tas de sucreries qui alimente l’imagination, ne gâte pas les dents et ne fait pas grossir. Un rêve !
Isabelle BARBOT. (www.lepetitjournal.com)
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