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POLITIQUE - La gauche française a encore besoin de Lionel Jospin |
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La gauche favorable à la Constitution européenne se mobilise enfin, à pile un mois du référendum. Après Chirac et Schröder mardi, les Français ont eu droit hier à une deuxième équipe de choc côté socialiste : Lionel Jospin sur France 2, et Jacques Delors dans le Nouvel Observateur appelant à voter « oui »
Petites lunettes et ton professoral : le Jospin version 2005 veut « aider les socialistes sans prendre un rôle plus actif ». (Photo : AFP)
En France, l’Europe se défend en équipe. Jacques Chirac faisait d'abord appel mardi à Gerhard Schröder pour convaincre les électeurs de l’Hexagone de voter « Oui » au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne. Ensuite, c'est Lionel Jospin qui s’est rallié publiquement hier à la cause des socialistes pro-européens.
L’ancien candidat socialiste de la dernière présidentielle a effectué hier sa première apparition à la télévision depuis 2002 dans l’émission « Question ouverte » de France 2. Pour ce come back télévisé, Jospin n’y est pas allé de main morte. Il a demandé à ces concitoyens de ne pas « prendre l’Europe en otage en cédant à un désir de protestation ». Car selon l’ancien Premier ministre, « les Français sont en colère, face au chômage, à des impôts injustes et à des salaires bloqués ». Lionel Jospin a ajouté que les électeurs devraient « répondre aux partenaires européens » dans un mois, « et non à Jacques Chirac ». Puis, comme pour justifier sa présence sur France 2, il a déclaré qu’il souhaitait simplement « aider les socialistes à agir, mais sans prendre un rôle plus actif ». Une aide dont a bien besoin François Hollande, premier secrétaire du PS, dépassé qu’il est par les divisions de la gauche sur la question du référendum.
Jacques Delors en colère
Cependant, la colère n’est pas l’apanage du citoyen lambda : Jacques Delors, vaillant défenseur de l’Europe, a laissé éclater la sienne dans une interview publiée hier dans Le Nouvel Observateur. Rejoignant les propos de Lionel Jospin, il a rappelé que si les partisans du « Non » souhaitent « sanctionner un pouvoir, il doivent le faire au moment des prochaines présidentielle et législative ». Il a déjoué les arguments des anti-européens, déclarant que le texte constitutionnel est le seul garant d’une Europe sociale, bien plus que ne l’est le simple Traité de Nice. Il a invité les électeurs à « lire le texte, au lieu d’écouter les mauvais bergers » que sont d'après lui les partisans du « Non ».
Par leur réveil un peu tardif, les socialistes pro-européens semblent vouloir rappeler que Jacques Chirac n’est pas le seul défenseur du « Oui ». Mais à un mois du référendum, ils auront fort à faire pour convaincre. Le retour médiatique de Lionel Jospin sera-t-il suffisant pour être décisif ?
Julie SAMIT. (LPJ) 29 avril 2005
Lire aussi :
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LeFigaro, L’engagement de Jospin fragilise Hollande
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