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GRANDE-BRETAGNE - Blair pour une troisième manche ? |
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Les Britanniques élisent leurs députés la semaine prochaine. Le Parti conservateur ne présente pas de candidat viable pour défier le Labour. Mais Tony Blair saura-t-il défendre son bilan, notamment sur l’Irak ?
Au moment d’aborder les élections législatives pour un troisième mandat, le dossier irakien continue d’empoisonner Tony Blair. (Photo : AFP)
Jeudi 5 mai prochain, les électeurs britanniques sont appelés aux urnes pour élire leurs députés. C’est aussi une remise en jeu de son mandat pour le Premier ministre Tony Blair. Celui qui avait soufflé le pouvoir aux Tories en 1997 après l’ère Thatcher et l’intermède Major, puis s’était fait réélire en 2001, n’apparaît plus aussi fringant qu’auparavant.
Certes, Tony Blair est donné gagnant dans les sondages avec au moins 4% d’avance sur ses rivaux. Son challenger conservateur, Michael Howard, est perçu comme rétrograde et peu pragmatique par la majorité de l’opinion publique et par une grande partie des médias. Et les libéraux-démocrates, emmenés par Charles Kennedy font figure de poids plume, défavorisés par le système bipartite qui prévaut dans le pays.
Le pire ennemi des Travaillistes : l’abstention
Au sein même du Labour, Tony Blair n’était pas véritablement contesté. Certains ont voulu mettre en avant son très populaire ministre des Finances, Gordon Brown. Mais il semble que celui-ci, qui est également un ami personnel du Premier ministre, repartirait avec lui au même poste, quitte à se voir céder la place en 2009. Gordon Brown est en effet l’artisan des points forts du gouvernement Blair : un taux de chômage à faire pâlir d’envie outre-Manche (4,7%) et une des croissances les plus soutenues d’Europe occidentale (2,8% par an en moyenne depuis 2001).
Mais les électeurs pourraient vouloir faire payer à Tony Blair ce qui restera dans l’opinion comme LE grand raté de son dernier mandat : l’intervention en Irak. Plus d’un million de personnes manifestant dans les rues de Londres en juillet 2003 et la démission du ministre des Affaires étrangères, Robin Cook : l’Irak avait rapidement senti le roussi pour Tony Blair. Pas plus tard qu’hier, ses services ont, après avoir beaucoup reculé devant ceux qui les en pressaient, rendu public un rapport qui fait tache pour la diplomatie britannique : Lord Peter Goldsmith, procureur général, avait informé en mars 2003 que la guerre en Irak serait selon lui d’une légalité douteuse. Opinion qui étaient restée dans un tiroir.
Des fidèles du Labour ne pardonnent pas à Blair cet écart irakien, pas plus que d’avoir « tiré le parti vers le centre », passant symboliquement sa couleur du rouge au rose. Or, même si ces électeurs ne risquent pas de voter pour les Tories, les Travaillistes craignent fortement leur désillusion et, par là, l’abstention.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 29 avril 2005
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