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Empreenda est née il y a cinq, à l'initiative de quelques amis Français, dont un installé au Brésil. Cette ONG aide aujourd'hui 500 petits commerces de plusieurs quartiers à se développer grâce au micro-crédit
Maria, propriétaire d'une petite épicerie (Photo : Empreenda)
En se promenant dans les rues de São Paulo avec les responsables commerciaux de l’ONG Empreenda, on découvre un monde totalement insoupçonné : celui des tous petits commerces, dont personne ne se préoccupe, dont on ne sait pas quand ils s’installent ni quand ils repartiront. Ce sont ceux qu’on appelle parfois vulgairement les "camelôs", à qui aucune banque ne souhaite prêter d’argent. C’est le cas de Rita, qui vend des vêtements et loue des robes de mariée dans sa toute petite boutique. Elle avoue, les larmes aux yeux, que sans Empreenda, ses perspectives de vie ne seraient pas très réjouissantes. C'est Alain Delcourt, un Français installé au Brésil, qui a décidé, en 2001, de se pencher sur le sort de ces commerces sans ressources. A l'époque, le micro-crédit était encore embryonnaire au Brésil, alors qu'il fonctionnait déja bien en Inde et dans d’autres pays en voie de développement. Beaucoup pouvait donc être fait. Conscient de l'existence d'une forte demande, et de nombreux besoins, Alain Delcourt a franchi le cap, en créant Empreenda. Petits prêts pour gros résultats Le principe est simple : prêter de petites sommes d’argents aux petits commerces, afin de les aider à grandir et à améliorer leurs rendements. Les prêts octroyés vont de 200R$ à 5.000R$ et sont destinés aux petits entrepreneurs, tels la responsable du salon de coiffure, la vendeuse de bonbons, le réparateur de vélos ou celui qui fait son petit commerce directement dans la rue, parfois en porte à porte. La moyenne d’un prêt est de 1.300R$, remboursable sur huit mois et Empreenda est parée d’une équipe qui se déplace sur le terrain, à la recherche de ces entrepreneurs en manque d’aide. Pour que le prêt soit accepté, Empreenda fait sa propre évaluation auprès du client potentiel, analyse son projet, et dimensionne un crédit en adéquation avec son besoin. Il existe un comité de crédit au sein de l’ONG qui décide en dernier recours de l’acceptation du prêt ou non. L’idéal est de prêter plusieurs fois, ce qui donne une réelle chance au commerce d’évoluer, et aussi de recycler l’argent. Le but de l’ONG est de devenir totalement indépendante des dons qu’elle reçoit (principalement de banques, telles que la Société Générale, mais aussi Véolia), afin de recycler à 100% l’argent prêté.
Luiz, réparateur de cycles (Photo : Empreenda)
Un bel avenir pour l’ONG et ses clients... Avec des intérêts s’élevant à 4% par mois, 97% des clients remboursent sans aucun souci ce qu’ils doivent. 95% d’entre eux disposent d'une entreprise informelle, et empruntent en leur nom et non pas en celui de leur "société". Le but d’Alain : "Donner les moyens à ces gens de s’auto-extraire, essayer de faire confiance à une population en qui les banques n’ont pas confiance, leur donner le moyen de leur propre développement". Et cela fonctionne... Aujourd’hui, avec ses trois agences placées dans des quartiers sensibles de la banlieue de São Paulo, Empreenda a déja 500 clients, qui s’en sortent. Preuve de cette réussite : l’ONG est désormais classée organisme d’intérêt public (OSCIP). "La plus grande satisfaction est de voir les clients évoluer, demander un nouveau prêt parce qu’ils se rendent compte que cela fonctionne bien, les voir scolariser leurs enfants, changer d’alimentation", affirme Alain Delcourt, qui précise que les prêts, indirectement, permettent de dynamiser l’économie d’un quartier, et de redonner confiance à ses habitants. Un projet plein d’avenir, et qui sait surtout promettre un réel avenir à une communauté de personnes souvent oubliée. Julie LE PHUEZ. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) 6 octobre 2006
www.empreenda.org.br
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