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Pour son premier concert à Barcelone dimanche dernier, Akli D, chanteur kabyle et petit protégé de son directeur artistique, Manu Chao, a enthousiasmé le public de la Mercé. Rencontre avec un artiste engagé et ouvert au monde
Akli D le jour du concert à Barcelone dimanche 24 septembre
Lepetitjournal.com : Dans quel contexte as-tu fait la connaissance de Manu Chao ?
Akli D : Nous nous sommes rencontrés lors d’une soirée à Paris. Nous avons fait un "jam" ensemble (improvisation musicale, ndlr). Ce fût d’abord une belle rencontre amicale, qui est ensuite devenue musicale et professionnelle. Il est actuellement mon directeur artistique.
LPJ : De quoi s’inspirent tes textes ?
A D : Les sujets des chansons me viennent d’éléments de ma vie. Pour la chanson "C. Facile", c’est mon histoire que je raconte, et celle de tous les gens qui quittent leur pays d’origine pour aller vivre à l’étranger. Il y a un côté facile parce que c’est l’aventure, la découverte d’une autre culture, etc. Et en même temps, "pas facile", parce qu’il y a des choses moins évidentes, pour les papiers, pour le travail. Lors de mes premières années à Paris, je vivais comme un clochard...
LPJ : Tu abordes des sujets sombres, comme le conflit tchétchène, ou la religion exploitée par la politique, mais ton style musical demeure gai et rythmé. Comment réaliser cette alchimie ?
A D : J’essaie de parler positivement de sujets douloureux. La rencontre avec une troupe d’enfants tchétchènes danseurs m’a inspiré le titre "Good Morning Tchetchenia". Pour "Salam Shalom la paix", je parle du problème de la religion exploitée d’une manière catastrophique de nos jours. Pour le style musical, j’apprécie beaucoup Fela, un chanteur nigérien, et sa façon d’aborder la musique. Cela m’a beaucoup inspiré.
LPJ : Que représente pour toi le fait d’être Kabyle en France ?
A D : Je baigne dans la francophonie depuis tout petit. Tout ce que je sais faire, je le fais en français. J’aimerais chanter en espagnol et dans d’autres langues, pour partager la musique avec le plus de monde possible. Je suis Kabyle, mais je me sens partout chez moi. Je n’aime pas beaucoup les frontières. Mon pays est là ou mes pieds me mènent. Et ce week-end, je suis Barcelonais (rires).
Propos recueillis par Gaelle PIALOT et laure NOURAOUT. (www.lepetitjournal.com) jeudi 28 septembre 2006
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