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AUTOMOBILE - Les régulateurs de vitesse sur le banc des accusés |
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Après avoir subi un accident dû à une supposée défaillance du régulateur de vitesse de sa voiture, un automobiliste veut porter plainte contre Renault. Permettant de programmer une vitesse fixe, les régulateurs équipent aujourd’hui plus du tiers des véhicules neufs.
Malgré tous les tests subis par les véhicules, des dysfonctionnements restent possibles. (Photo : AFP)
Renault vient d’être mis en cause par un automobiliste dont une défaillance du régulateur de vitesse aurait provoqué un accident. Le 18 avril dernier, Gilles Dham était au volant de sa Scénic sur l’A10, aux environs de Tours lorsque, affirme-t-il, ni la pédale de frein ni celle d’embrayage n’ont plus répondu. Le commercial lorrain avait fixé le régulateur de vitesse de la voiture à 130 km/h. Arrivé aux abords d’un péage, il n’a pu désactiver le régulateur : il lui était impossible de freiner, et la boite de vitesse est restée bloquée sur la sixième. La voiture, heurtant la barrière de sécurité, a fini par s’arrêter sans faire de victimes.
Gilles Dham a annoncé qu'il porterait plainte devant le doyen des juges d'instruction du tribunal de Tours. Il souhaite que sa voiture, qui affiche 5000 km au compteur, soit entièrement « inspectée » par Renault, afin de comprendre ce qui est arrivé.
Cette plainte est la quatrième reçue en quelques mois par le constructeur automobile pour des défaillances de régulateurs de vitesse.
Un instrument de plus en plus courant
L’entreprise a tout d’abord récusé tout problème technique, mettant en avant, tests à l’appui, de possibles erreurs de conduite chez ses clients. Le blocage accidentel de la pédale d’accélération ou une confusion du conducteur, paniqué, entre la pédale de frein et celle d’embrayage ont été mises en cause par une équipe d’ingénieurs de chez Renault. Cependant, devant le doute qui s’installe chez ses clients, le constructeur reconnaît à présent que les régulateurs sont des appareils complexes, dont il est nécessaire de mieux expliquer le fonctionnement. 600.000 brochures ont été distribuées à cet effet.
En explosion depuis cinq ans, le taux d’équipement des voitures neuves en régulateur de vitesse est passé de 5% à 33%. L’année passée, 253.000 des 550.000 véhicules Renault immatriculés en France en étaient équipées. Cet instrument, depuis longtemps présent aux Etats-Unis, est devenu particulièrement à la mode depuis l’accroissement des contrôles de vitesse en France.
Malgré tous les tests nécessaires, Renault n’est pas la seule marque mise en cause, d’autres constructeurs seraient aussi concernées par de supposés dysfonctionnements de ce système. Cette nouvelle plainte intervient quelques jours seulement avant que, vendredi, soit nommé l’actuel numéro deux de la marque, Carlos Ghosn à la succession de Louis Schweitzer.
Aurélie Marcillac (LPJ – le 28 avril 2005)
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