Le groupe de rock français Louise Attaque sera en concert gratuit dimanche soir sur la Rambla del Raval, pour "emmener au vent" le public du Bam de Barcelone. Rencontre avec le violoniste Arnaud Samuel, qui, avec l’apport de ses notes, a permis au groupe de trouver sa marque de fabrique et de rencontrer le succès, en 1997
Louise Attaque
Lepetitjournal.com : Vous connaissez déjà Barcelone ?
Arnaud Samuel : On est venu à Barcelone et à Madrid mais il y a longtemps. C’était dans le cadre d'une tournée en 2000, pour présenter notre deuxième album, Comme on a dit. Mais on avait joué à l’époque dans des petits clubs.
LPJ : Vous n’êtes pas nostalgique de ces concerts plus conviviaux, dans des bars ou des clubs ?
A.S : On n’est pas vraiment nostalgique parce qu’on a encore l’occasion de le faire quand on le souhaite. Le fait de partir à l’étranger en tournée, où nous sommes encore moins connus, nous donne l’occasion de continuer à jouer dans des clubs. C’était le cas par exemple en Inde, en Russie ou même pendant notre tournée en Amérique Latine. Ce sont des choix que l’on fait mais on a toujours la possibilité de panacher entre petits comités et grands concerts, comme la Nuit Parisienne au Zénith, que l’on aime bien aussi.
LPJ : Un festival qui sera d’ailleurs reconduit à Bercy en novembre prochain avec La Nuit Parisienne 2...
A.S : On s’est vraiment beaucoup donné pendant cette première Nuit Parisienne cet été ; c’est l’occasion de faire découvrir à notre public des artistes qui sont encore peu connus comme Polar ou Tetar ou encore Mo Bluss Sound. Cette fois-ci, en novembre, on va jouer avec notamment deux groupes que l’on aime beaucoup : ESG, un groupe de femmes américaines d’Harlem qui joue du Soul minimaliste ; et puis l’une de nos références, Gordon Gano, le leader du groupe américain punky-rock Violent femmes.
LPJ : Violent Femmes aurait-il un rapport avec le nom Louise Attaque ?
A.S : Gordon Gano représente pour nous un parrain artistique. Il est une référence pour nous quatre. Et bien sûr, le nom de Louise lui doit quelque chose. Mais c’est aussi le nom d’une anarchiste du XIX siècle : Louise Michel.
LPJ : Dimanche, quels morceaux avez-vous choisi de jouer ?
A.S : On va essayer de proposer une liste de base de tous nos albums avec quelques improvisations. Le concert sera donc un mélange de Louise Attaque, Comme on dit et A plus tard crocodile.
LPJ : Votre dernier opus, A plus tard crocodile, est un hommage à l’amour ou aux voyages ?
A.S : En tous les cas, il parle de mouvements dans la vie d’un couple, de l’environnement de l’individu dans le monde. Les paroles sont entièrement écrites par Gaëtan, le chanteur, et volontairement subjectives. Le reste du groupe n’y participe pas directement, alors c’est difficile de savoir. Chacun est libre de les interpréter comme il le souhaite.
LPJ : Est-ce un compliment pour Louise Attaque d’être comparé à Brel ou à Noir Désir ?
A.S : Oui, bien sûr. Cela nous flatte. On aime bien Jacques Brel, qui a fait de la musique rock and roll via ces paroles, en faisant référence aux choses de la vie. Noir Désir est également l’un des meilleurs groupe français, donc évidemment, cette référence nous fait plaisir, d'autant que nos générations ne sont pas très éloignées... on a pratiquement le même âge ! Mais il faut dire aussi que quand on a commencé, on a tout de suite voulu nous caser ou faire des comparaisons avec tel ou tel groupe, qui n'étaient pas toujours justifiées...
LPJ : En 2000, lorsque le groupe s’est séparé, pensiez-vous que c’était définitif ?
A.S : En fait, en 2000 on a décidé de faire une pause, juste après la tournée espagnole d’ailleurs. On avait comme un manque d’air, on n’arrivait plus à composer ensemble, donc on a préféré faire un break avant d’étouffer. Et puis en 2003, on a eu envie de faire le point, de se retrouver pour voir si on pouvait encore composer ensemble, si on était sur la même longueur d’ondes. On s’est donc retrouvé dans une maison dans la Drôme, avec tout notre matériel, et on s’est rendu compte qu’il y avait encore moyen de jouer ensemble. Le fait de se retrouver nous a donné envie d’échanger nos différentes expériences. Finalement, tout ceci à été profitable : ça nous a donné plus de liberté dans la création du dernier album, A plus tard crocodile, produit entre New York et Paris.
LPJ : Et Louise a d’autres projets d’attaque, à présent ?
AS : A court terme, nous poursuivons notre tournée : en France jusqu’en décembre, puis en Suisse et en Allemagne. Ensuite, en 2007, on va passer à une phase de création musicale à Paris, certainement pour un nouvel album. Une nouvelle aventure...
|