|
JUSTICE - Des prisons pédagogiques pour les petits délinquants |
|
|
Hier, le ministre de la Justice a présenté son nouveau projet de réforme du système pénitentiaire destiné aux condamnés à des peines courtes. L’idée : construire des centres de détention spécifiques, pour « éduquer » les prisonniers et éviter les récidives
Dominique Perben s’attaque au système de détention des petits délinquants. (Photo : AFP)
Dominique Perben, ministre de la Justice, a présenté hier en conseil des ministres son projet destiné aux prisonniers qui purgent de courtes peines. Une réforme novatrice qui s’inscrit dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la justice, votée en septembre 2002.
Le ministre propose de construire des centres pénitentiaires sans grillages pour les personnes condamnées à moins d’un an de prison uniquement. Les nouvelles prisons seront construites à côté des maisons d’arrêt existantes actuellement, puisque les deux centres seront sous la responsabilité d’un seul directeur.
Ils sont actuellement 12.000, sur les 59.300 détenus français, à être emprisonnés pour des périodes courtes. En outre, le nombre de sentences pour des peines courtes -qui ne sont pas forcément purgées- est bien supérieur à celui des peines plus lourdes. Sur les 105.000 condamnations enregistrées en moyenne chaque année, 15.000 seulement concernent de longues périodes d’incarcération.
Séparer pour mieux « éduquer »
L’objectif du projet est avant tout pédagogique. Pour Dominique Perben, il s’agit de séparer les petits délinquants des grands criminels, afin d’éviter les envies de récidive. Les détenus seront soumis à des programmes éducatifs autour de thèmes aussi variés que les violences conjugales, la délinquance routière, les addictions en tout genre -alcool et drogue principalement- et les discriminations. En cas de non-respect du règlement, il est même prévu que les détenus soient transférés dans la maison d’arrêt voisine.
Les centres devraient être opérationnels en avril 2007. Cependant, trois prisons pilotes de ce genre nouveau, situées à Fleury-Mérogis, Toulouse et Strasbourg, permettront de tester le projet à partir de l’année prochaine.
Julie Samit. (LPJ) 28 avril 2005
|