|
MEDIA - Internet, vague déferlante |
|
|
|
jeudi 21 septembre 2006 |
Les journalistes sont face à un défi de taille avec la diffusion illimitée d’informations grâce aux nouveaux médias, notamment Internet. Comment se positionner et promouvoir la déontologie journalistique sur cette plateforme révolutionnaire ? Réunis à Bucarest, plusieurs professionnels du journalisme ont tenté d’y répondre
Discussions sur la problématique Internet pour les journalistes, hier, dans la salle de conférence de l’hôtel Phoenicia à Bucarest. (Photo : LPJ)
Bucarest accueille du 18 au 24 septembre les 38èmes Assises de la presse francophone sur le thème des nouveaux médias. Hier, dans la salle de conférence de l’hôtel Phoenicia, des journalistes venus de pays d’Afrique, de France et de Roumanie, ont donné leur point de vue sur l’invasion des nouveaux médias, qui bouscule les plateformes plus classiques.
“L’abondance d’informations sur Internet diminue l’influence des médias traditionnels qui, jusqu’à présent, ont été les garants de la qualité de l’information (…) Mais les journalistes doivent désormais s’imposer sur toutes les plateformes, et il ne faudrait pas répondre par la censure mais par l’éducation des consommateurs d’information”, estime Ioana Avadani, directeur du Centre pour le journalisme indépendant à Bucarest. Un constat partagé par la plupart des intervenants. Pour Alfred Dan Moussa, directeur des rédactions du groupe Fraternité matin (Côte d’Ivoire) : “La presse en ligne assure une diffusion illimitée des informations et le monde francophone a la responsabilité de former pour mieux profiter des nouveaux médias.” Le souci de l’éthique Mais mise à part la formation tant du lecteur que du journaliste, comment distinguer clairement la “bonne” de la “mauvaise” information ? D’après Séverine Laurent, secrétaire générale adjointe de Mediaf (France) : “il faudrait mettre en place une convention internationale francophone de déontologie journalistique, afin que l’éthique journalistique soit respectée. Mais son adoption devra s’accompagner aussi d’un plan de communication par les Etats signataires. Ainsi un journal sur Internet pourra porter le label de la convention”. Une idée qui, même de l'avis de son auteur, relève peut-être de l'utopie...
Enfin, Daniel Deloit, directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, affirme de son côté que “tout nouvel outil réclame un apprentissage, il n’y a pas aujourd’hui de changement de paradigme pour le journalisme ; il faut savoir faire, savoir penser et savoir être (...) Le doute est le catalyseur de l'éthique, et l'apprentissage du sens critique est essentiel. Ceci dit, face aux nouveaux médas, un nouveau pacte de co-responsabilité sociale entre le journaliste et le citoyen est nécessaire". L.C. (www.lepetitjournal.com) 22 septembre 2006
|